Ma chère Mère,
Montons ce soir pour attaquer. A Dieu vat! si je meurs face aux Boches.
Prends confiance, c'est pour la France et pour garder ta maison.
Adieu, derniers baisers.
GROENER.
Lettre écrite à sa mère par le Lieutenant Henri GROS, 86e Régiment d'Infanterie, tombé au champ d'honneur, à Vermandovillers (Somme), le 17 Septembre 1916.
3 Septembre.
D'ici quelques jours, tu liras sur les journaux le récit de grands événements. Tu seras fière de songer que ton fils y participe.
Je n'ai nulle crainte que le fardeau de mon commandement soit trop lourd pour mes épaules. Je saurai en accepter les responsabilités et les devoirs. D'ailleurs en moi, comme pour la plupart des officiers, il y a deux hommes: le chef sérieux et juste et qui a plus que son âge; l'homme privé souvent gosse et aimant à s'amuser. Ils savent tous deux rester à leur place et ne pas empiéter sur leur domaine.
Mes meilleurs et mes plus tendres baisers.