Je t'embrasse.
Max MAGNUS.
Lettres du Commandant IMHAUS DE MAHY, officier en retraite, qui a repris volontairement du service à 60 ans, tué héroïquement à Verdun, à 62 ans, le 30 Mars 1916.
28 Mars 1916.
A sa Femme.
…Bombardement effroyable. De temps en temps, j'apprends que quelqu'un ou quelques-uns de mes bien-aimés petits soldats, fils de femmes de France et mères éplorées, sont tués ou blessés. L'assaut peut venir d'un moment à l'autre. J'ai choisi mon P.C. dans la tranchée au centre de l'attaque, puis mon dernier réduit où, entouré des derniers défenseurs, je lutterai jusqu'à la mort. Ton mari, ma chère femme, sera digne de nos enfants, des DE MAHY, des DE LA SERVE. S'il tombe, ce sera face à l'ennemi, ce sera la plus belle des morts. Vous que je laisse, je vous plains. Quant à moi, mon sort sera digne d'envie. Celui qui meurt ressuscite. Vive la France! A toi de tout coeur. J'ai la conviction de retrouver des êtres adorés….
A ses deux plus jeunes Fils après la mort de son Fils aîné.
…Vous serez dignes de vos devanciers qui ont regardé la mort en face, leur sang fécond a arrosé la terre de France. Nos bien-aimés sont entrés dans l'immortalité. Comme eux, vous frapperez fort et vous tomberez s'il le faut sans peur, sans reproche, face au ciel qui vous attend. La cause de la France est celle de l'Univers. Gloire à notre France immortelle….
…Notre force morale vient de ce que nous défendons non seulement notre sol et nos libertés, mais encore les droits imprescriptibles de l'Humanité contre la plus odieuse des machinations qui sera renversée. Mais ce résultat exige un holocauste sanglant.
Extraits de lettres écrites par le Sergent André IMHAUS DE MAHY, 5e Régiment d'Infanterie Coloniale, engagé volontaire, disparu le 29 Septembre 1915, à Souain (Champagne).