Il rappela d'abord que Mörd avait sommé le tribunal d'entendre son serment, et aussi son exposé de l'affaire, et tout le reste de la procédure. Il rappela ensuite que Mörd avait prêté serment, et aussi ses témoins jurés. Puis il rappela que Mörd avait exposé l'affaire, et il s'exprima de telle sorte qu'il employa pour le rappeler les mêmes paroles dont Mörd s'était servi pour son exposé de l'affaire, et auparavant pour citer Flosi en justice «et il a dit, ajouta-t-il, qu'il portait cette affaire, ainsi engagée, devant le cinquième tribunal, comme il l'avait déclaré en citant son adversaire en justice.» Il rappela encore que Mörd avait produit les témoins de la citation en justice, et il répéta toutes les paroles dont il s'était servi pour sa citation, et qu'ils avaient répétées en déposant leur témoignage, «et que je répète à mon tour, ajouta-t-il, dans mon résumé de l'affaire. Et ils ont déposé, dit-il encore, ce témoignage ainsi conçu, devant le cinquième tribunal, comme Mörd l'avait déclaré en citant Flosi en justice.» Après cela, il rappela que Mörd avait invité les voisins à prendre place. Puis il rappela qu'il avait sommé Flosi d'entendre leur déclaration: «lui ou tout autre à qui il aurait remis sa défense.» Ensuite il rappela que les voisins s'étaient avancés devant le tribunal, qu'ils avaient fait leur déclaration, et qu'ils avaient déclaré Flosi véritablement coupable «et ils ont, dit-il, déposé cette déclaration des neuf voisins, ainsi conçue, devant le cinquième tribunal.» Alors il rappela que Mörd avait pris des témoins comme quoi la déclaration avait été faite. Il rappela encore que Mörd avait pris des témoins de toute la procédure suivie, et qu'il avait sommé Flosi de présenter sa défense.

Alors Mörd fils de Valgard prit des témoins: «Vous m'êtes témoins, dit-il, que je fais interdiction à Flosi fils de Thord, ou à quiconque a pris en main sa défense en son lieu et place, de venir présenter maintenant aucun moyen de défense; car voici terminée toute la procédure qu'il y avait à suivre dans cette affaire, et la cause, ainsi que toute la procédure suivie, a été résumée.» Et celui qui faisait le résumé répéta encore ce dernier témoignage.

Mörd prit des témoins, et fit sommation aux juges de prononcer leur jugement dans cette affaire. Gissur le blanc lui dit: «Il te reste encore quelque chose à faire, Mörd; tu sais que quatre fois douze n'ont pas le droit de juger.»

Flosi dit à Eyjolf: «Qu'allons-nous faire maintenant?»--«C'est difficile à dire, répondit Eyjolf; je crois pourtant qu'il nous faut attendre, car j'imagine qu'ils vont faire une faute dans la conduite de leur affaire; Mörd a sommé les juges d'avoir à juger sur l'heure. Ils ont maintenant, lui et les siens, à faire sortir six membres du tribunal. Après quoi ils prendront des témoins, et nous inviteront à en faire sortir six autres. Mais nous n'en ferons rien; et alors ils auraient eux-mêmes à en faire sortir six, mais il est probable qu'ils ne s'en aviseront pas. Et s'ils ne le font pas, toute leur affaire est réduite à néant; car il faut trois fois douze juges seulement pour juger dans une affaire.»

«Tu es un homme sage, Eyjolf, dit Flosi, et il n'y en a pas beaucoup qui l'emportent sur toi.»

Mörd fils de Valgard prit des témoins: «Vous m'êtes témoins, dit-il, que je fais sortir du tribunal les six hommes que voici» et il les nomma tous par leur nom; «Je vous interdis de siéger au tribunal, leur dit-il. Je vous fais sortir selon la coutume de l'Alting et la loi du pays.» Après cela, il invita Flosi et Eyjolf, devant témoins, à en faire sortir six autres. Mais ils refusèrent de le faire.

Alors Mörd dit aux juges de prononcer leur jugement. Et quand le jugement fut prononcé, Eyjolf prit des témoins, et déclara le jugement nul, ainsi que tout ce qui avait été fait, pour ce motif, que trois fois et demi douze avaient jugé, quand trois fois douze seulement avaient droit de le faire: «Et maintenant, dit-il, nous allons introduire nos poursuites devant le cinquième tribunal, et nous allons faire en sorte qu'ils soient proscrits.»

Gissur le blanc dit à Mörd, fils de Valgard: «C'est trop de négligence à toi d'avoir commis une faute pareille. Et cela est grand dommage. Qu'allons-nous faire maintenant, cousin Asgrim?»--«Il nous faut envoyer quelqu'un vers Thorhal mon fils, dit Asgrim, et savoir ce qu'il va nous conseiller.»


CXLV