GRISELIDIS

NOTICE.

Le texte de l'Histoire de Griselidis que nous donnons ci est celui qu'a donné Le Grand d'Aussy dans son choix de fabliaux et contes, réimprimé en 1829 [48], et celui qu'il attribue à Mlle de Montmartin [49].

Note 48:[ (retour) ] Chez Jules Renouard, 5 vol. in-8. L'Histoire de Griselidis est à la page 297 du tome II.

Note 49:[ (retour) ] En 1749.

Le premier texte français de cette touchante histoire date de 1484. On en a fait des éditions nombreuses avant qu'il entrât dans la Bibliothèque bleue, et il a eu l'honneur d'être mis en vers par Perrault.

C'est encore, à ce qu'il paraît, un conte d'origine française, quoique bien des gens s'imaginent qu'il nous vient directement de Boccace. L'ingénieux conteur italien inventait rarement les sujets de ses histoires; il les empruntait à droite et à gauche, en Italie ou ailleurs, et la plus abondante des sources où il ait puisé est précisément cette riche collection de petits romans et de fabliaux français qui, au moyen âge, faisaient déjà de notre nation la nation la plus littéraire, la plus spirituelle, la plus habile de l'Europe.

Le Grand d'Aussy s'exprime très-catégoriquement au sujet de Griselidis. «Du Chat [50], dit-il, dans ses notes sur Rabelais, avait déjà dit que Griselidis était tiré d'un manuscrit intitulé le Parement des dames, et c'est d'après ce témoignage que M. Manni, dans son Illustrazione del Boccacio, en a restitué l'honneur aux Français. La quantité de versions en prose qu'on fit de ce conte au quatorzième siècle prouve la grande réputation qu'il avait dès lors. J'en ai trouvé plus de vingt différentes sous le titre de Miroir des dames, Enseignement des femmes mariées, Exemple des bonnes et mauvaises femmes, etc.»

Note 50:[ (retour) ] Le Duchat (1658-1736).