[Note 738: ] [(retour) ] Leudiens. Phrase mal comprise. «Quod agnoscens Chlotarius leudos qui maxime indignabantur... ad se evocat, etc.» (Aimoin.) Au lieu des Leudes, Fredegaire met: Burgundifarones. Les barons de Bourgogne.

[739]Messire saint Souplice, qui lors estoit archedyacre et puis fu archevesque de Bourges, gari lors le roy Clotaire, par la volenté de notre Seigneur, d'une forte fièvre dont il avoit esté malade longuement: mais avant que il fust gari lui convint-il auparavant trois jours[740] jeuner. Au tems de ce roy vivoient maint saint homme en bonnes œuvres au royaume de France.

[Note 739: ] [(retour) ] Aimoin. lib. IV, cap. 16.

[Note 740: ] [(retour) ] Trois jours. Aimoin dit sept jours.

Saint Leu archevesque de Sens fu en ces jours, à qui le roi Clotaire fist un grief par mauvais conseil; car il le bouta hors de son siège et l'envoia en exil. Ce preudhome messire saint Leu fu de grant sainteté et de grant perfection, comme il apert ès escris de ses fais. Car il avint, un jour que il célébroit le saint Sacrement de l'autel, que une pierre précieuse descendi au calice où il tenoit le précieux corps et le précieux sang nostre Seigneur. Le roy qui toutes-voies se repenti du grief que il avoit fait au saint homme, le rapela d'essil, devant lui le fist venir, et lui requist que il lui pardonnast ce que il avoit meffait vers lui. Le preudome lui pardonna de bon cuer et le roy lui donna tels dons comme il voulut prendre, et le renvoia en son lieu honorablement.

Messire saint Eloy qui estoit évesque de Noion et orfèvre le meilleur et le plus esprové que l'on seust en nule terre, fu né de Limoges. Le païs où il fu né lessa et s'en vint en France au roy Clotaire. Un jour lui commanda le roy que il forgeast une selle[741] d'or qui fust convenable à tel homme comme il estoit: livrer lui fist l'or et les despens comme il convenoit; et le saint homme qui avoit cuer et mains sans nulle tache de convoitise fist deux parties de l'or qu'il avoit receu pour faire une seule selle; de l'une des parties en fist une du pois et de la grandeur que on lui avoit commandé; de l'autre partie et de ce qui estoit demeuré en refist une autre de moindre grandeur et de moindre poids, pour ce que le remanant ne fust perdu et gasté par négligence, et que il ne peust avoir nule ochoison de convoitise. Moult le loa le roy et tous ceus qui ce virent, et lui commanda lors que il demeurast au palais.

[Note 741: ] [(retour) ] Selle. Siège.

[742]Mort fu le bon roy Clotaire en l'an de l'Incarnacion nostre Seigneur six cents et trente et un[743]; du règne que il avoit reçeu de son père quarante-quatre[744], du règne de la monarchie[745] seisiesme. Ce Clotaire fu apelé Clotaire le second, pour le grant Clotaire son aieul, et l'autre fu appelé tiers duquel nous dirons ci-après. De ce Clotaire peut-on dire assez de bien, homme fu de grand patience, bien letré, plein de la paour de nostre Seigneur, aus povres donnoit leur nécessité, et aus prestres donnoit conseil et confort: mis fu en sépulture en l'abaie Saint-Vincent au dehors de Paris.

[Note 742: ] [(retour) ] Fredeg., cap. 56.

[Note 743: ] [(retour) ] Il eut fallu dire: Six cent vingt-huit.