Les Turs, qui tousjours estoient près et espioient nos gens pour sçavoir
s'il leur pourroient mal faire, virent que ces deux grosses batailles
estoient loing à loing par la voye, et entre deux, et sur la montaigne
n'avoit sé gent désarmée non. Tantost cogneurent leur avantaige; en ce se
fièrent moult que les voyes estoient roides et estroites: si que c'estoit
griefve chose de mettre nos gens ensemble. Pour ce les Turs férirent
isnellement des esperons et sourprirent le sommet du tertre, si que les
derniers de l'ost n'eussent pu venir aux premiers sé non parmy eux.
Lors commencièrent à courre à nostre gent et à traire moult espesséement
des arcs turcois et puis venoient jusques à eulx aux haches et aux espées.