Note 373: En chançon né en vielle. C'est-à-dire: Pour le chant et pour l'accompagnement. Ou plutôt encore: Pour les paroles et pour la musique.
Note 374: En sa sale. Dans sa résidence de.—J'ai si longuement commenté ce passage de nos Chroniques dans le Romancero François, qu'on me pardonnera d'y renvoyer au lieu de me répéter ici.
XVIII.
ANNEE 1234.
Du Vieus de la Montaigne qui voult occire le roy.
Le Vieus de la Montaigne oï dire que le roy de France estoit le plus preudomme de tous les princes crestiens et celuy qui gardoit mieux les commandemens de la foy crestienne; si se pourpensa qu'il le feroit occire et le prist en haine trop grant. Icelluy Vieus de la Montaigne est un roy qui habite en la fin de la contrée d'Antioche et de Damas, en chastiaux bien garnis, séans sus montaingnes et sus roches hautes. Il estoit moult doubté des crestiens; il faisoit souvent occire pluseurs roys et pluseurs princes par les Hassacis qu'il leur envoioit comme messages. Icelluy roy des Hassacis avoit pluseurs enfans nés de sa terre qu'il faisoit nourrir et introduire en son palais, et leur faisoit aprenre toutes manières de langaiges, et à doubter et craindre leur seigneur terrien par dessus tous les autres et obéir à luy jusques à la mort. Si leur faisoit-on entendant que par ce vendroient-il à la joie perdurable: meismement, celui qui mouroit en l'obedience son seigneur, ou qui estoit occis, ou pendu, ou trainé, ou ars, en faisant la volenté et le commandement son seigneur, fust sens ou folie, avecques ce, il estoit des gens de la terre honnouré et tenu pour saint. Le roy[375] en fist venir deux devant luy, et leur commanda qu'il alassent en France, et leur pria moult et requist que il occéissent le bon roy de France au plus tost qu'il pourroient. Tantost se mistrent à la voie pour faire le commandement leur seigneur; mais il ne demoura guères, que le courage mua au seigneur qui les envoyoit; et envoya deux autres Hassacis hastivement pour dire au roy de France qu'il se gardast des deux premiers. Tant se hastèrent qu'il vindrent avant que les premiers, et distrent au roy qu'il se gardast bien de leur compaingnons et qu'il venoient pour luy occire.
Note 375: Le roi. Le Vieux de la Montagne.
Quant le roy oï les nouvelles, si se doubta forment et prist conseil de soy garder, et eslut sergens à mace, garnis et bien armés qui nuit et jour furent en cure de son corps garder. Ceux qui premièrement furent venus pour dire au roy qu'il se gardast, quistrent les autres tant qu'il les trouvèrent et les amenèrent au roy. Quant le roy les vit, si en fu forment lie et donna grans dons aussi aux premiers comme aux derreniers. Et envoya à leur seigneur dons roiaux et riches et précieux, en signe de amistié et de paix.