Note 397: Prée ou Prahecq, entre Niort et Melle.

Note 398: Saint-Jelas ou Saint-Gelais, aujourd'hui village à deux lieues de Niort.

Note 399: Betonne. Aujourd'hui Tonnay-Bautonne. «Tonacium supra Vetonam,» dit Guillaume de Nangis. Il est sur la rivière de ce nom, entre Rochefort et Saint-Jean d'Angely.

Note 400: Mautal. Aujourd'hui Matha, sur la rivière d'Anteine, au
sud de Saint-Jean-d'Angely.

Note 401: Thori ou Thors, village de Saintonge, près de Matha, et
à cinq lieues de Saint-Jean-d'Angely.

D'ilec se parti et vint à un autre chastel que on appelle Aucere[402], et y fist jecter pierres et mangonniaux, et le fist tout raser à terre et tresbuchier. Et puis après chevaucha avant à tout son ost tant qu'il fu près d'un marais, et fist lever un pont: car l'ost au roy d'Angleterre estoit illec près, et estoit enclos et avironné de grans fossés larges et parfons. Quant le pont fu drécié, si cuidèrent passer François oultre; mais les anemis furent d'autre part qui leur véerent l'entrée. Si commencièrent à paleter les uns contre les autres. Le roy s'en tourna d'autre part vers Taillebourc droit[403] au chastel Geffroy de Ranconne qui siet sus une rivière que on nomme Carente. On ne loa pas au roy qu'il passast le pont qu'il avoit fait faire et drécier; le roy fist tendre ses paveillons et drécier sur la rivière. Quant le roy d'Angleterre vit l'ost le roy de France, si se retraist arrières, luy et sa gent, le trait de deux arbalestres, pour ce qu'il se doubta d'assembler au roy à celle fois; et si avoit avecques luy le conte de Cornouaille[404] et le conte de Lincestre, et le prince de Gales, à tout grant plenté de chevaliers et d'autre gent appareilliés à bataille.

Note 402: Aucere ou Saint-Assere, en Saintonge, à deux lieues de
Saintes.

Note 403: Droit au, etc. C'est-à-dire: Lequel appartenoit à
Geffroy de Rancogne.
Carente, Charente.

Note 404: Le conte de Cournouaille. Richart.

Quant les François apperçurent l'ost des Anglois retraire arrières, si envoièrent cinq cens sergens hastivement pour passer au pont que le roy avoit fait drecier, et avecques eux grant plenté d'arbalestriers et d'autres gens de pié. Le conte Richart vit que les François passoient le pont sans contredit, si mist jus[405] ses armes, et s'en vint vers eux et leur monstra signe de paix, et leur pria qu'il le féissent parler au conte d'Artois, pour les deux roys accorder ensemble sans faire bataille. Mais le conte d'Artois n'y voult point aler devant ce qu'il en eust congié de son frère le roy: quant le conte Richart vit qu'il ne pourroit parler au conte d'Artois, il s'en retourna vers l'ost au roy d'Angleterre.