Note 589: Cet alinéa n'est pas dans Nangis.

Note 590: Il est impossible de ne pas reconnoître dans Raoul ou Radulphus d'Aussoy, Rodolphe de Hapsbourg, d'abord comte d'Alsace ou d'Aussay, comme on disoit au XIIIème siècle. Je n'ai vu nulle part la mention de ce fait, et il semble même fort douteux que Rodolphe ait pris part à la guerre d'Italie, occupé comme il l'étoit alors en Suisse.

CI.

ANNEE 1268.

Coment Coradin et les autres furent jugiés.

Ces choses ainsi faictes, le roy emmena ses prisonniers tout droit à Naples, pour faire droit jugement d'eux selon leur meffait. Si fist assembler tous les sages hommes du pays, et leur requist qu'il féissent bon jugement des traiteurs qui sa mort et son dommage luy avoient pourchacié. Si donnèrent sentences qu'il devoient avoir les testes coupées, mais de Coradin furent-il en doubte; car aucuns maintenoient pour Coradin qu'il estoit venu contre le roy pour aucuns héritages recouvrer qui luy devoient appartenir par raison. A ce se fussent tous accordés, sé ce ne fussent ceux de Naples qui ne porent souffrir la délivrance Coradin, pour ce que Conrat son père avoit abatu les murs de la cité de Naples et toutes les forteresces, et le peuple dommagié forment; si fu condempné à recevoir mort avec les autres. Quant il furent ainsi condempnés par jugement, l'en fist monter un homme en haut, si que tous le porent veoir et oïr, qui raconta coment l'églyse de Rome avoit esté grevée et tourmentée de long-temps passé de par la parenté Coradin, dont il estoient les uns après les autres mors, escommeniés et condempnés de l'églyse de Rome, de hoir en hoir,[591] de tout honneur et de toute dignité; et au derrenier est la meschéance tournée seur Coradin.

Note 591: Il semble qu'un mot ait été oublié ici comme celui de privés.

Après ce que il ot ainsi raconté au peuple pourquoy Coradin estoit condempné, l'en le mena luy et tous ceux qui estoient condempnés delès une chapelle où l'en luy fist oïr Requiem et tout le service des mors, et leur donna-on congié d'avoir confession, et puis furent menés au lieu où il furent décolés. Le peuple avoit grant pitié de Coradin pour ce qu'il estoit enfés[592], le plus bel que on peust trouver. Cil qui leur coupa les testes les fist agenouillier, et furent par nombre six: le conte Gauvain, le conte Jourdain, le conte Berthelemi et ses deux fils, et le sixième fu Coradin. Dant Henry d'Espaigne, qui bien avoit desservi autelle mort comme les autres, ne fu point décolé, pour ce que le roy l'avoit promis à l'abbé de Mont de Cassin; si fu mis en une cage de fer, une chaienne à son col, et fu mené par toutes les cités du pays et monstré au peuple, et racontoit-on la grant mauvaistié qu'il avoit pourchaciée à son cousin, qui Sénateur de Rome l'avoit fait, et haucié sur tous les barons de la contrée.

Note 592: Enfés. Enfant. Il avoit dix-sept ans.

CII.