[P. 244.] Le texte du ms. 752 raconte encore avec d'autres développements le songe et le départ de Lancelot:
Si li a mis poisons en son boivre qui estoient confites à conjuremenz et à charraiz; si li troblerent la cervele, tant que, la nuit, li fu avis en son dormant que il veilloit et que il trovoit sa dame la roine gisant avec un chevalier si de près que il le li faisoit; et il corroit à s'espée, si le voloit ocire, quant in tome sailloit sus et disoit: «Lanceloz, que volez vos à cest chevalier? Ne soiez-vos jà si hardis que vos i metois la main; car je sui soe: ne jamais, si chier com vos avez vostre cors, n'entrez en leu où je soie, car je le vous deffent mult bien.» Ensi le fit Morgue songier, et por ce qu'il tensist sa vision au matin plus veraie, le fist porter hors de la chambre à mienuit, et metre en une litière, autresi com ele avoit fait au Val sans retor, tout endormi, en une des plus belles landes del monde, bien trois lieues loing d'ilecques; et ele meismes i ala, s'el fist à ses gens gueitier de près. Au matin fu avis Lancelot qu'il estoit en un des plus biaus paveillons del monde, et véist devant lui une autretel couche com estoit cele où il avoit véu gésir la roine et le chevalier, et que encore tenoit l'espée dont il le voloit ocirre. Ne sous ciel n'a home qui croire li féist que il n'eust veu à ses iaus ce que il avoit songié.—Quant il vit les gens Morgain, si fu mult honteus, fit ele meismes vint avant à guise de fame mult irée, si li dist: «Coment Lancelot, i estes-vous si desloiaus que vous en i estes fuis sans mon congié?» Et quant il entent, si cuide bien qu'ele l'ait ateint de desloiauté, si en a tel duel que par un poi qu'il ne forcene. Si prent l'espée qu'il cuide tenir, si la se viaut boter parmi le cors, quant Morgue li cort andeus ses mains tenir, si le chastie et dist que maintes gens trespassent lor loiautéz qui puis vivent loiaument totes lor vies. «Dame, fait-il, je ne porroie mie longuement durer en tel manière, et mieus me vendrait tot le monde guerpir et foïr, que à morir. Et vos me devisâstes er soir que je m'en iroie se vous jurois que je n'enterroie, etc.»
[P. 350.] C'est ainsi que finit Galehaut.
Dans plusieurs anciens manuscrits, cette partie du roman de Lancelot est appelée Le livre de Galehaut, ou Le prince Galehaut. À ce titre faisait allusion Dante Alighieri, dans les vers si souvent cités:
Noi leggevamo un giorno per diletto
Di Lancilotto, come amor lo strinse....
Galeotto fu il libro e chi lo serisse....
On sait que Bocace avait choisi pour second titre de son Decaméron celui de Il principe Galeotto, tant ce personnage avait acquis une célébrité générale.
Galehaut semble pourtant un hors-d'œuvre dans l'ensemble de notre roman. L'auteur, après avoir promis de lui monts et merveilles, ne lui a confié qu'un rôle secondaire. Il est vrai qu'il devient l'utile intermédiaire des premières relations de Genièvre avec Lancelot, et qu'il donne un asile à la reine répudiée. Mais son excessive amitié pour Lancelot; ses projets insensés de conquête, abandonnés au moment où la défaite du grand roi Artus allait lui permettre de les réaliser; ses songes que douze astrologues viennent interpréter, tout cela forme je ne sais quelle fausse note qui affaiblit l'intérêt de l'action principale. Le romancier eût mieux fait de confier le soin de protéger la reine exilée au bon roi Baudemagus; en rapportant au temps du séjour de Genièvre à la cour de ce prince la passion de l'orgueilleux Meléagan pour la reine, passion dont le livre suivant va nous entretenir. Il est vrai que dans un des premiers, sinon dans le premier des romans français, on ne pouvait guère espérer de trouver l'observation de toutes les règles du genre: c'est déjà avec une certaine surprise qu'on y reconnaît tant de précieuses qualités dont les romanciers postérieurs ont fait leur profit.
Ainsi l'Amadis espagnol, composé dans le cours du quatorzième siècle, dut à cette première partie trop oubliée du Lancelot, tout ce qu'on y loua le plus, tout ce qu'on en retint le mieux. Si le roi Périon demande à ses astrologues l'explication de ses songes, c'est parce que Galehaut avait fait les mêmes rêves et demande les mêmes explications aux astrologues d'Artus. Le damoisel de la mer reçoit chez Gandale l'éducation du «Beau valet» chez la Dame du lac. L'intervention répétée de demoiselles errantes, les landes, les forêts, les châteaux, les fontaines de l'Amadis, tout cela est emprunté au Lancelot. Urgande la desconnue, protectrice d'Amadis, est la Dame du lac protectrice de Lancelot. Ces deux fées sont amoureuses et ne disent pas celui qu'elles aiment. Languines, roi d'Écosse, arme chevalier le Damoisel de la mer, sans demander qui il est ni comment il se nomme, parce que le roi Artus en avait agi de même avec le Beau valet. Le premier entretien du Damoisel avec Oriane est librement traduit de celui de Lancelot avec Genièvre. L'aventure de Galaor avec la belle Aldene, est l'aventure de Gauvain avec la fille du roi de Norgales. Amadis rêvasse quand il voit Oriane, comme Lancelot quand il voit Genièvre; et dans cette contemplation ils oublient également de parer les coups de leurs adversaires. Comment ne pas reconnaître Mabile et la demoiselle de Danemarc du roman espagnol dans la Saraïde et la dame de Malehaut du roman français? L'arc des loiaus amans de l'Amadis n'est-il pas notre Val des faux amants? Mais pourquoi tous ces rapprochements? Il faudrait pour ainsi dire rappeler à chaque page des quatre premiers volumes de l'Amadis une page correspondante des romans de la Table ronde, et surtout de notre Lancelot. Qu'il nous suffise de dire que pour avoir été si fidèle imitateur de nos romans, l'Amadis a justement été regardé comme le chef-d'œuvre de l'ancienne littérature espagnole.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LES LAISSES, OU CHAPITRES.
- XLVII. Galehaut et Lancelot envoient Lionel à la cour, pour les recommander à la reine. [P. 1.]
- XLVIII. Suite de la quête de Lancelot par Gauvain. Il est hébergé chez un ermite qui lui raconte l'histoire d'Allier, père de Marest. Gauvain assiste à l'assemblée de Loverzep; il y retrouve Giflet fils-Do. Ils font triompher le parti du duc Escaus de Cambenic. Ils rencontrent deux demoiselles à l'entrée d'une forêt Bonne fortune de Giflet. Gauvain suit l'une des deux demoiselles, qui promet de le conduire chez la dame sa maîtresse. Il s'arrête d'abord chez la dame, femme de Manassé. Il défend Manassé contre le sénéchal du duc Escaus. Lionel s'arrête pour suivre les combattants. Sa parole indiscrète. Gauvain tue le sénéchal. [P. 5.]
- XLIX. Gauvain rejoint Lionel, et lui fait rendre son cheval. Combat des deux amis, interrompu par Gauvain auquel ils racontent le sujet de leur querelle. [P. 20.]
- L. Gauvain va reprendre la demoiselle de la forêt. Il voit bientôt Sagremor aux prises avec dix larrons qui s'enfuient à son approche. Sagremor consent à prendre pour amie la demoiselle de la forêt. [P. 24.]
- LI. Pourquoi Sagremor était surnommé le desréé et mort-de-jeun. Arrivée de Gauvain, Sagremor et la demoiselle chez la fille du roi de Norgales. Bonne fortune de messire Gauvain. Le roi surprend le couple amoureux. Gauvain et Sagremor sortent à grand'peine du château. Un des Norgalois qui les poursuivent devient l'homme de Sagremor. Celui-ci conduit sa nouvelle amie au château d'Agravain. [P. 28.]
- LII. Hector, prisonnier du châtelain des Mares, devient celui de la sœur d'Hélène-sans-pair dont il va défendre la beauté contre la prouesse de Perside. Il triomphe de Perside et envoie les deux époux réconciliés à la cour du roi Artus. [P. 37.]
- LIII. Arrivée de Lionel à Londres. Les Saisnes et les Irois en Écosse. La Reine envoie de ses drueries à Lancelot. Entrée et combats aveugles de messire Gauvain et d'Hector dans le Sorelois; ils retrouvent Galehaut et Lancelot dans l'Île perdue. Saignée de Lancelot nécessaire à la complète guérison d'Agravain. Arrivée en Écosse; une demoiselle les conduit à l'ost du roi Artus, en exigeant un don qu'elle se réserve de réclamer plus tard. Artus amoureux de la belle Camille. Grande défaite des Saisnes par l'effet d'un stratagème de Lancelot. Le Gué du sang. [P. 45.]
- LIV. Camille donne rendez-vous au roi Artus qui se présente à la Roche aux Saisnes avec Gaheriet. Bel accueil, suivi d'une attaque préméditée. Ils sont retenus dans la Roche aux Saisnes. Bel accueil fait à Lancelot et Galehaut par la Reine et la dame de Malehaut. Réunion des deux parties de l'écu, don de la Dame du lac. La Reine apprend la captivité du roi. [P. 55.]
- LV. Lancelot, Gauvain, Hector et Galehaut tombent dans le piége tendu par la demoiselle qui leur avait demandé un don. Ils restent prisonniers de Camille. Conseil tenu chez la Reine. Messire Yvain remplace le Roi. Grand combat. Prouesse du roi Ydier de Cornouaille. Défaite des Saisnes. [P. 59.]
- LVI. Frénésie de Lancelot. Il sort de la Roche aux Saisnes et est recueilli par la Reine qui parvient à le guérir avec le secours de la Dame du lac. [P. 65.]
- LVII. Nouvelle attaque des Saisnes; ils sont mis en déroute avec l'aide de Lancelot. Mort du roi Hargodabran. Retour de la poursuite des Saisnes. Dépit de Lancelot. [P. 74.]
- LVIII. Délivrance du Roi et des autres prisonniers de Camille. Mort de Camille. [P. 80.]
- LIX. Lancelot, Galehaut et Hector deviennent compagnons de la Table ronde. Galehaut et Lancelot vont en Sorelois. Les quatre grands clercs d'Artus chargés d'écrire l'histoire des temps aventureux. [P. 83.]
- LX. Langueurs de Galehaut et de Lancelot. Songe de Galehaut. Le château de l'Orgueilleuse garde. Chute des tours et des murailles. Galehaut fait demander au roi Artus ses plus sages astrologues. [P. 89.]
- LXI. La seconde Genièvre envoie à la cour une demoiselle pour accuser la reine Genièvre de lui avoir été substituée. Elle est accompagnée du vieux Bertolais. Le Roi renvoie l'examen de sa réclamation au jugement d'une assemblée de barons convoqués à Caradigan pour la Chandeleur. [P. 97.]
- LXII. Arrivée en Sorelois des clercs d'Artus. Lancelot et Galehaut apprennent l'accusation portée contre la Reine. Premiers projets abandonnés de Galehaut. [P. 110.]
- LXIII. Explication du songe de Galehaut. Histoire d'une dame d'Écosse. Galehaut cache à Lancelot ce que maître Helie de Toulouse lui avait révélé. [P. 113.]
- LXIV. Galehaut veut partager avec Lancelot tous ses domaines, et aller reprendre à Claudas le royaume de Benoïc. Refus de Lancelot. Galehaut assemble ses barons. Son discours. Il leur annonce son départ, et choisit le roi de Gorre Baudemagus pour gouverner en son absence. Quel était le pays de Gorre. Le Pont étroit et le Pont de l'épée. Meléagan, fils de Baudemagus. Départ de Galehaut et de Lancelot. [P. 131.]
- LXV. Arrivée à Camalot. Tournois. Lancelot est blessé par Meléagan. Angoisses de la Reine. Artus lui propose de garder Lancelot dans ses chambres. Quelle était la seconde Genièvre de Carmelide et Bertolais, son complice. [P. 142.]
- LXVI. Assemblée de la Chandeleur. La seconde Genièvre renouvelle sa clameur contre la Reine. Elle accorde un jour de délai. D'après un faux avis, Artus va poursuivre un sanglier dans la forêt. Il est pris, désarmé et conduit en Carmelide par les chevaliers de la seconde Genièvre. Les chevaliers d'Artus le cherchent en vain. Douleur de la Reine. [P. 148.]
- LXVII. Artus en Carmelide. Il devient amoureux de la seconde Genièvre, et mande à messire Gauvain de semondre les barons de Logres pour le jour de l'Ascension. [P. 154.]
- LXVIII. Messire Gauvain est élu pour Roi. Il reçoit le message du roi Artus, réconforte la Reine et convoque les Barons de Logres. [P. 159.]
- LXIX. Arrivée de la Reine en Carmelide. Assemblée des barons. Jugement. La Reine est condamnée pour avoir usurpé la place de reine. Une nouvelle assemblée, convoquée pour la Pentecôte, déterminera le châtiment de la Reine. Les barons de Logres refusent de prendre part au jugement. Les barons de Carmelide, présidés par le Roi, font proclamer par Bertolais la punition infligée à la Reine. Lancelot renonce à la compagnie de la Table ronde, avant de fausser le jugement rendu. Il offre de défendre l'innocence de la Reine seul contre les trois plus vaillants chevaliers de Carmelide. Sa querelle avec Keu. [P. 163.]
- LXX. Combat et victoire de Lancelot contre les trois chevaliers de Carmelide. À la prière de la Reine, il reçoit à merci Guifrey de Lamballe. La Reine est proclamée quitte de tout châtiment. [P. 175.]
- LXXI. Lancelot refuse de demeurer à la cour d'Artus. Galehaut, avec le consentement du Roi, emmène la Reine au Sorelois, et la fait reconnaître pour la reine du pays. Elle impose des réserves à Lancelot, qui les accepte. [P. 183.]
- LXXII. Le pape de Rome met la Bretagne en interdit. Maladie de la fausse reine. Le Roi s'arrête chez un ermite, y tombe en faiblesse. Amustant, le prêtre de l'ermitage, lui fait reconnaître ses fautes. La fausse Genièvre confesse les siennes. Mort de Bertolais. La reine Genièvre est justifiée et rappelée. Les barons de Carmelide vont lui crier merci et l'obtiennent. Artus reprend la Reine. Adresse dont elle use pour avoir l'air de contraindre Lancelot à redevenir compagnon de la Table ronde. [P. 191.]
- LXXIII. Le roi Artus à Dinasdaron et son Retour à Londres. Adoubement de Lionel. La forêt de Varannes. Enlèvement de mess. Gauvain. Lancelot, Galeschin duc de Clarence, et messire Yvain entreprennent sa quête. [P. 208.]
- LXXIV. Quête de messire Gauvain par Galeschin. Il s'arrête chez la dame de Blancastel sa cousine, qui tente en vain de le détourner d'aller attaquer Karadoc de la Tour douloureuse, ravisseur de messire Gauvain. Elle lui donne, pour le conduire, un de ses écuyers. Il délivre et venge la dame de Cabrol. Une demoiselle le conduit à Pintadol. Les quatre escrimeurs. Galeschin les tue, abat une mauvaise coutume et devient seigneur du Pintadol. Ascalon le Ténébreux. La demoiselle qui conduisait Galeschin raconte l'origine des ténèbres répandus sur le château. Galeschin tente l'épreuve et ne peut en triompher. Histoire des quatre escrimeurs. Galeschin continue sa quête, et arrive au Chemin du Diable. Il s'arrête chez un vavasseur qui lui indique la voie qui mène à la Chapelle Morgain et au Val sans retour. L'écuyer de la dame de Blancastel l'abandonne à l'entrée de cette voie. Histoire du Val sans retour ou des Faux amants; Galeschin y est retenu. [P. 213.]
- LXXV. Quête de messire Gauvain par messire Yvain. Rencontre de la litière du Chevalier navré. Mess. Yvain essaie vainement de le lever du coffre. Il chasse d'une maison-forte les voleurs qui la pillaient. Il voit dix chevaliers qui ont suspendu à un arbre une demoiselle, et contre lesquels se défend un chevalier. Il vole au secours du chevalier. [P. 246.]
- LXXVI. Quête de messire Gauvain par Lancelot. Il lève du coffre le Chevalier navré. Il est conduit au Gay-Château chez Trajan le Gai, dont les deux fils sont Adrian le Gai—le chevalier navré, et Melian le Gai, celui qu'il avait guéri à Camalot, le jour où Artus l'avait armé chevalier. Melian lui raconte comment leur père, son frère et lui avaient été victimes des ressentiments de Karadoc et de sa vieille sorcière de mère. Melian suit quelque temps Lancelot en quête de messire Gauvain. [P. 255.]
- LXXVII. Messire Gauvain enfermé dans la Tour douloureuse, au milieu de reptiles et de vermines. Il est secouru par une demoiselle que Karadoc avait enlevée au chevalier qu'elle aimait. [P. 262.]
- LXXVIII. Retour à la cour d'Artus. Lionel, qui devait être armé chevalier le jour de la Pentecôte, part en secret à la recherche de son cousin Lancelot. Galehaut le reconnaît et l'oblige à revenir. La Reine est mécontente de Lancelot, qui s'est éloigné sans son congé. Suite des aventures de Lancelot. Melian le quitte pour se rendre à Londres où il arrive, comme Lionel nouvellement adoubé venait de triompher du lion couronné de Lybie. Melian raconte l'enlèvement de messire Gauvain, et la quête entreprise par Lancelot, Galeschin et messire Yvain. Douleur de la Reine. Le roi rassemble un ost et part dans l'espoir de délivrer messire Gauvain. [P. 268.]
- LXXIX. Suite de la quête de messire Gauvain par Lancelot. Il arrive à l'endroit où messire Yvain soutenait l'effort des dix chevaliers de Norgales qui avaient attaqué et lié Sagremor et son amie; il les délivre. Sagremor raconte comment il avait été attaqué, et reprend avec son amie le chemin de Londres. [P. 274.]
- LXXX. Lancelot continue sa quête en compagnie de messire Yvain. Une demoiselle consent à leur servir de guide, et les fait arriver devant le château des Ténèbres. Messire Yvain veut essayer de traverser le moutier, et revient tout meurtri. Lancelot tente à son tour l'aventure et en triomphe. Les ténèbres disparaissent; la lumière du jour rentre dans le château. [P. 276.]
- LXXXI. Lancelot et messire Yvain arrivent devant la Chapelle Morgain. Messire Yvain descend le premier dans le Val sans retour; il y est retenu. Lancelot tente cette nouvelle aventure et en triomphe. En poursuivant l'ami de Morgain, il retourne le lit où la fée était endormie. Une demoiselle veut venger son ami tué par Lancelot. Délivrance des chevaliers retenus dans le val. Ressentiment de Morgain. Elle endort Lancelot et le transporte dans une de ses retraites, au milieu de la forêt. Quand il se réveille, elle lui offre la liberté en échange de l'anneau que lui avait donné la Reine. Refus de Lancelot. Origine de la haine de Morgain contre la Reine. [P. 283.]
- LXXXII. Le Val sans retour disparaît. Galeschin, messire Yvain et les chevaliers délivrés poursuivent la quête de messire Gauvain. Hospitalité de Keu d'Estrans, oncle d'Aiglin des Vaus. Regrets de la dame d'Estrans, en apprenant la délivrance des chevaliers du Val sans retour. [P. 293.]
- LXXXIII. Lancelot chez Morgain. La fée lui permet de se rendre devant la Tour douloureuse, en lui faisant promettre de revenir dès qu'il en serait averti. Elle le charge de conduire la plus belle de ses demoiselles. Tentatives de celle-ci pour rendre Lancelot infidèle à la Reine. Il reste insensible à ses provocations et elle lui demande pardon. Il enlève du milieu de l'eau le corps d'un chevalier et celui de son ancienne amie. Leur histoire. Il rejoint les chevaliers en quête de messire Gauvain. Messire Yvain et Galeschin veulent essayer de pénétrer dans la Tour douloureuse; ils sont l'un après l'autre retenus prisonniers. [P. 299.]
- LXXXIV. Lancelot se rend au Pas Felon auquel était arrivé l'ost du Roi et que gardait Karadoc. L'arrivée de Lancelot décide Karadoc à reprendre le chemin de la Tour douloureuse. Lancelot le rejoint et le fait arrêter. Combat terrible. Karadoc, serré de près, entre avec Lancelot dans la Tour douloureuse. La demoiselle qui avait secouru messire Gauvain met à la portée de Lancelot une épée. Histoire de cette épée. Karadoc, mortellement frappé, veut faire mourir avant lui messire Gauvain. Lancelot le prévient et délivre messire Gauvain. Le roi Artus est reçu dans la Tour; il en fait don à la demoiselle qui avait secouru Lancelot et messire Gauvain. Melian le Gai l'épouse et devient sire de la Tour douloureuse, qu'on appellera désormais le Château de la belle prise. Lancelot est averti de retourner chez Morgain, et prend auparavant congé de messire Gauvain. [P. 314.]
- LXXXV. Morgain, ne pouvant obtenir l'anneau de la Reine, endort Lancelot et lui enlève cet anneau auquel elle substitue le sien. Lancelot ne s'en aperçoit pas. Elle envoie une de ses demoiselles à Londres pour annoncer au Roi et à la Cour que Lancelot, dans une grande maladie, a reconnu le péché qu'il avait commis en répondant à l'amour de Genièvre. La demoiselle jette l'anneau dans le giron de la Reine, et la Reine avoue fièrement qu'elle l'avait donné à Lancelot avec tout l'amour dont elle pouvait encore disposer. Le Roi écoute avec assez de calme cet aveu, et la demoiselle recueille, en prenant congé, les malédictions de tous. Galehaut, Lionel, messire Gauvain, messire Yvain partent en quête de Lancelot. Ils rejoignent la messagère de Morgain, qui les conduit chez une de ses parentes, puis s'esquive et va rendre compte à Morgain du peu de succès de sa mission. [P. 323.]
- LXXXVI. Séparation des quatre amis à l'entrée d'un carrefour. Aventure de Galehaut. Il voit l'écu de Lancelot que l'on fêtait; il s'en empare, et le garde après un long combat d'où il sort blessé. Il est reçu dans une maison de religion, où il reste jusqu'à sa guérison. Aventure de messire Gauvain. Il abat un chevalier félon qu'il consent à laisser remonter, et qui le fait tomber dans un marais fangeux. Messire Yvain le secourt. Ils s'arrêtent dans la maison où Galehaut attendait que ses plaies fussent cicatrisées. Lionel rencontre une demoiselle qui lui donne à croire que Lancelot a été tué. Elle offre de le conduire vers celui qui l'a frappé. Lionel la suit et provoque ce chevalier: il allait lui trancher la tête quand arrive une autre demoiselle affirmant que Lancelot n'est pas mort, et qu'elle le lui montrera, s'il veut bien épargner le chevalier vaincu. Lionel la suit: elle le fait monter sur un arbre, et, de là, apercevoir Lancelot dans le verger de Morgain. Il revient annoncer à Galehaut la bonne nouvelle; mais c'est en vain que le lendemain ils tentent de retrouver l'arbre d'où Lionel avait aperçu Lancelot. Galehaut découragé, reprend le chemin du Sorelois.
- Morgain présente à Lancelot un philtre qui le plonge dans un sommeil agité. Il croit voir dans les bras d'un nouvel amant la reine Genièvre qui lui défend de reparaître devant elle. Abusé par ce songe, il consent le lendemain à promettre d'éviter la Cour d'Artus et de ne parler à nul des compagnons de la Table ronde. À quelques jours de là, messire Gauvain et messire Yvain le reconnaissent aux grands coups qu'il frappe dans un tournois; ils le suivent et ne peuvent lui arracher le secret de son désespoir. Lancelot retourne en Sorelois, et tombe de nouveau en frénésie. [P. 332.]
- LXXXVII. Galehaut en Sorelois. Sa mort. [P. 348.]