«Autrefois, dans le bon vieux temps, nos pères avaient toujours un chien sous la table, et lorsque pareille petite misère arrivait, on avait soin de pourchasser le chien ou d'en faire le semblant. Mais, il s'est trouvé tant de convives qui abusaient de cette prévoyance de l'amphitryon, que la mode des chiens lévriers et des danois est tout à fait tombée; c'est tout au plus si on admet à présent sous la table des riches un bichon ou une petite levrette. C'est moins commode pour certains tempéraments»!!!!
Est-ce assez joli? Et ce dernier paragraphe est-il assez délicat?
C'est le cas de dire que nos pères avaient la science des nuances! nous n'en sommes plus là, Dieu merci!
La civilité dit à l'hôte de remplir le verre de son convive chaque fois qu'il est vide, la civilité (je parle toujours de l'ancienne, la nouvelle est plus dans «le train») voulait qu'il fût malséant de laisser du liquide dans son verre. Alors... alors, à propos de verre on disait:
Quand mon verre est vide, je le plains;
Quand mon verre est plein, je le vide.
On obvie à cet inconvénient en laissant une petite partie de liquide, lorsqu'on ne veut plus boire; ce n'est qu'à la fin du repas, qu'on doit vider entièrement son verre.
Lorsqu'une maîtresse de maison vous offre d'un plat, en disant que c'est elle qui l'a confectionné de ses blanches mains, l'usage veut qu'on s'extasie sur la bonté du mets.
Sans basse flagornerie, vous pouvez offrir un petit tribut d'éloge au cordon bleu qui vous regarde généralement avec des yeux inquiets.
Si nous avons une voisine ou un voisin peu agréable, ne nous renfermons pas pour cela dans un mutisme complet; prenons notre mal en patience.