Encore quelque chose de terriblement difficile pour les maîtresses de maison qui ne disposent ni d'un hôtel, ni d'un très grand appartement.
Il faut d'abord une véritable débauche de lumières; puis beaucoup de glaces reflétant les lumières, les doublant.
De même pour les fleurs ou plutôt les plantes vertes; mettons-les en profusion; surtout des palmiers, avec leurs larges feuilles en éventail qui font si bien ressortir le damas d'une tenture, la blancheur esthétique d'une statue de marbre, la sévérité grandiose d'un bronze, le coloris d'un tableau ou le ton doucement ocré d'une terre cuite.
Une maîtresse de maison un peu artiste doit savoir organiser des coins, des retraits avec des palmiers.
Les fleurs, orchidées surtout, puisque c'est la mode, doivent garnir les vases, les potiches.
Je conseille une pièce peu éclairée, où les personnes lassées du bruit et de la lumière pourront venir se reposer.
Dans une chambre ou dans un petit salon sont disposées des tables de jeux, avec des cartes, des jetons, des marques, de petits bouts de table avec bougies allumées et casquées de mignons abat-jour roses ou verts; des boîtes de cigares ouvertes, des allumettes, des cigarettes et des pastilles cachou doivent être placées sur un meuble.
Si la salle de jeu est une chambre à coucher, mettez un paravent devant le lit; c'est plus convenable et plus joli.
Les cartes d'invitation sont lancées au moins quinze jours avant, car il faut penser aux toilettes que les dames peuvent avoir à préparer, et deux semaines ne sont pas de trop pour mettre au point la robe de bal qui est toujours assez compliquée, sinon par elle-même du moins par ses accessoires.