Le duel.
Il est telles injures qu'on appelle sanglantes parce qu'en réalité elles demandent du sang; il y a des insultes que la justice humaine est impuissante à venger et il suffit au reste qu'on s'adresse d'abord à un tribunal pour que toute autre réparation puisse être refusée.
Oui, il peut s'agir de telle ou telle offense qui vraiment mérite qu'on risque sa vie pour la laver; et c'est là l'honneur, et nul ne doit reculer si on a tenté de le salir.
L'homme en réalité a inventé le duel pour en appeler à un jugement divin.
Aller sur le pré, c'est faire acte de gentilhomme, d'homme comme il faut, mais la gentilhommerie dans le duel n'existe que si tous les auteurs de ce drame sans fiction sont bien pénétrés du rôle qu'ils ont à remplir.
Il a toujours été reconnu, Dieu merci! que l'honneur est une chose sacrée, et, selon le gentilhomme de Châteauvillard depuis de si longues années bon juge en cette matière, chacun est exposé à cette dure nécessité de risquer sa vie pour venger une offense, une injure. C'est donc une affaire assez importante pour qu'elle soit d'avance réglée selon les formes voulues par la délicatesse et le droit.
Des exemples sans cesse renaissants ont prouvé la nécessité de l'établir d'une manière formelle, afin d'éviter des fautes pouvant compromettre l'existence d'un ami, des assassinats que l'on croit devoir passer sous silence pour ne pas donner aux familles le déshonneur d'une récrimination. Ce droit est la sauvegarde de tous; s'il est enfreint, le sang d'une victime peut crier vengeance.
Nous renvoyons nos lecteurs que cela pourrait intéresser au Nouveau Code du Duel publié il y a peu d'années par le comte du Verger Saint-Thomas.