Certains trouvent aussi très amusant d'entendre la bouche fraîche de bébé prononcer des mots risqués.

Etonnons-nous donc que bébé, inconscient mais triomphant, emmagasine dans son petit cerveau, déjà très subtil, qu'il peut être impertinent sans danger pour lui!

Aucune de nous ne pense qu'il est bon d'avoir toujours la mine sévère et grondeuse que nos ancêtres prenaient envers leurs enfants, qu'il nous faut exiger le «vous» cérémonieux en place du bon tutoiement; cela regarde au reste chaque mère de famille; mais on s'accorde à reconnaître que la grande familiarité entre les parents et les enfants, la camaraderie, en un mot, est plus nuisible qu'on ne le croit, elle porte atteinte au respect et par conséquent à l'esprit de famille.

Vers sept ans.

Dès la prime enfance, il faut habituer l'enfant à être propre, lui faire essuyer sa petite bouche, ne pas rire quand il a «des moustaches» en chocolat, exiger qu'il replie sa serviette et qu'il aille se laver les mains avant de s'asseoir à table, ne pas y mettre les coudes, ne pas parler la bouche pleine, et ne pas porter la main au plat.

Lorsque les enfants savent réciter des fables à peu près, ou fredonner une chansonnette, il n'est plus guère admis de leur demander au dessert la preuve de leur talent.

Cela ennuie presque toujours les personnes étrangères, et ce n'est que par excès de politesse qu'elles vous le demanderont, sachant bien vous faire plaisir.

Il faut interdire aux enfants d'être impertinents avec les domestiques; une parole polie est aussi vite prononcée qu'une malhonnêteté.

Un enfant doit toujours se baisser vivement et ramasser l'objet que son père, sa mère ou un de ses parents a laissé tomber, mettre un coussin sous les pieds de la grand'mère, aller chercher le journal ou les lunettes du grand-père, apaiser par une grimace ou une caresse petit frère ou petite sœur qui pleure (les marmots préfèrent généralement la grimace), rapporter une fleur à sa petite mère, un bonbon ou un gâteau à ses frères et sœurs, s'il en a et s'il est allé déjeuner ou goûter en ville; enfin, avoir ces infiniment petites prévenances qui ouatent l'existence et font voir qu'on est bien élevé.

Les enfants, lorsqu'ils sont grondés, ne doivent pas raisonner, répliquer.