Au jour de l'an, il est bon de donner un souvenir au professeur qui, pendant de longs mois, s'évertue à faire entrer dans les petites cervelles les éléments de syntaxe, de grammaire ou les hauts faits d'Alexandre le Grand.

Ce souvenir peut être un portefeuille, un porte-monnaie, un parapluie, une canne, une garniture de bureau, une épingle de cravate, des mouchoirs, une petite broche, un manchon, un sac à main; cela dépend de la position et des moyens qu'on a.

Souvent les professeurs, homme ou femme, sont besogneux et la valeur de l'objet, en argent, leur ferait plus de plaisir; si on sait cela, on peut bien offrir la somme qu'on eût consacrée à l'achat d'un bibelot. Mais il faut bien se garder de leur donner de la main à la main, comme le salaire d'un domestique; on doit mettre ladite somme dans une petite boîte de fantaisie, un porte-monnaie ou, tout au moins, une enveloppe fermée.

Il ne faut pas croire qu'en payant régulièrement un professeur et en lui offrant un souvenir au jour de l'an, on soit quitte envers lui; il faut encore lui témoigner beaucoup d'égards et de politesse. Il peut arriver que les maîtres soient en faute; ils ne sont ni impeccables ni infaillibles; mais on doit se garder de les blâmer devant les enfants; pour cela on doit les prendre à part.

Les enfants doivent aller au-devant de leur professeur, le débarrasser de son parapluie, etc., surtout ne jamais le recevoir assis.

Au départ, ils doivent le reconduire jusqu'à la porte de l'appartement ou de la maison.

Ne pas les interrompre, rire ou se moquer pendant qu'ils parlent.

Avec leurs camarades, ils ne doivent pas relever les ridicules des maîtres (qui n'en a pas?), encore moins les affubler de sobriquets: tout cela est du dernier mauvais goût.

Si vous invitez un professeur de chant ou de musique à dîner ou à passer la soirée, ne lui demandez pas de jouer ou de chanter quelque chose; cela aurait l'air de lui faire payer l'hospitalité.

Lorsque les enfants sont externes dans un collège, ils ne sont pas tenus à faire une visite le jour de l'an; étant demi-pensionnaires, ils doivent la faire, seuls, ou accompagnés du père ou de la mère.