Est-ce un bien? Est-ce un mal? That is the question. Enfin c'est le siècle qui veut ça, paraît-il!
Une allure trop décidée, des goûts mondains trop montrés, peuvent être des obstacles sérieux pour le jeune homme qui cependant doit se méfier de sa première impression.
Il faut donc être très circonspect en pareille matière, ne pas dire définitivement «oui» ou «non» et demander une nouvelle entrevue; quel homme jeune, fût-il un grand philosophe, peut apprécier en quelques instants le caractère d'une jeune fille?
La meilleure façon d'avoir des renseignements est de s'adresser aux personnes connaissant la famille et la jeune fille depuis l'enfance.
Il est toujours pénible pour la tierce personne d'avoir à notifier un refus; elle doit l'entourer de toutes les délicatesses possibles.
J'engagerai tous les jeunes gens qui désirent se marier et qui ne sont pas poussés par une inclination réelle à bien s'informer de la dot, des «espérances», pour parler le vilain langage de notre siècle, avant de s'avancer. Car reculer sur une question d'argent est humiliant pour la jeune fille et... pas très beau pour le jeune homme.
Même, si la famille de la jeune fille refuse, elle doit offrir des remerciements à la tierce personne et des phrases de regrets polis au prétendant.
Il y a des personnes qui se plaisent à faire des mariages. Elles rendent souvent service aux familles qui n'ont pas beaucoup de relations, et il serait ingrat de leur en vouloir si leurs efforts n'aboutissaient pas.
Si donc vous intervenez, parlez franchement à la famille du jeune homme ou à lui-même s'il est orphelin, à la famille de la jeune fille, ou à son tuteur, jamais à elle-même, cela pourrait la gêner. En réunissant les jeunes gens dans un dîner, dans une soirée où il y a beaucoup d'autres jeunes couples, on peut espérer que la jeune personne ignorera l'intention.
Se trouvant avec des compagnes, elle peut penser que c'est pour l'une d'entre elles que le jeune homme est là et elle se doutera encore moins de quelque chose s'il y a plusieurs jeunes gens.