Possible. Mais à côté de cela que d'inconvénients!
N'y a-t-il pas une sorte de barbarie dans cet acte d'enlever ainsi brusquement une jeune fille, souvent presque une enfant, à son milieu, à ses habitudes?
L'affection des époux se trouvera-t-elle augmentée par les désagréments forcés des voyages?
Je ne le crois pas et j'estime que les premiers moments de tête-à-tête avec son époux, c'est-à-dire avec un étranger qu'on connaît d'ordinaire depuis quelques mois seulement, doivent se passer dans le «home» et qu'il est doux pour la jeune femme de pouvoir aller, dès le lendemain, embrasser ses parents.
Si le mari a du tact, il préviendra ce désir.
On lui saura gré de cette attention.
Lorsqu'on part en voyage de noces pour visiter, par exemple, des parents âgés qui n'ont pu assister à la cérémonie, on doit éviter l'air «jeunes mariés»; ne pas se tenir la main, ne pas se regarder dans le blanc des yeux, en un mot ne pas attirer l'attention sur soi par des démonstrations de tendresse bonnes pour le huis-clos.
L'homme pour voyager portera un costume complet, un chapeau mou, des gants brique; la jeune femme un costume de lainage beige, un petit chapeau de feutre (que ce soit l'été ou l'hiver, on le porte de même), un voile de gaze blanche formant tour de cou, des gants clairs, puisque c'est la mode.
Que dans sa joie d'être Madame elle ne porte pas de diamants et surtout qu'elle ne juge pas bon de prendre des allures évaporées qui donneraient triste opinion d'elle au futur compagnon de sa vie.
Je recommanderai aux jeunes filles de ne pas se mettre de suite en familiarité avec leur mari; qu'elles «tâtent» un peu son caractère et qu'elles fassent bien attention de ne pas lui faire mille confidences de linotte qu'il jugera adorables les premiers jours et assommantes après.