Il n'est plus d'usage que la maîtresse de maison s'habille en Cendrillon pour ne pas éclipser les hôtes; elle doit au contraire leur faire honneur d'une jolie toilette, à moins qu'elle ne reçoive à sa table des personnes qu'elle sait dans une situation plus modeste que la sienne; en ce cas, le grand tralala serait tout à fait déplacé.

Les invités dames doivent toujours se mettre en frais; elles sont le plaisir des yeux autour de la table et toute mise négligée serait un manque d'égards envers ses hôtes.

Il faut éviter d'être treize à table; certaines personnes superstitieuses pourraient s'en montrer choquées et il y aurait toujours un convive bien avisé pour faire remarquer ce nombre fatidique et raconter des histoires terrifiantes.

Ne pas inviter de ministres de religion différente; on leur devrait à tous deux la préséance et il faudrait un nouveau Salomon pour trancher la difficulté.

A ce propos, une amusante anecdote.

Un évêque et un rabbin se trouvaient invités dans la même maison; lorsqu'il s'agit de passer à table, aucun des deux ne voulut prendre le pas sur l'autre; enfin, vaincu par la courtoisie du rabbin qui insistait, l'évêque se décida à entrer le premier en disant: «Je passe devant vous, monsieur, comme le Nouveau Testament devant l'Ancien.»

On n'est pas plus courtois, ni plus spirituel.

Les grands dîners.