Légère brise du sud-est.—Température supportable.

En route à 8 heures.—En traversant une crique, trois d’entre nous sont tombés à l’eau, de sorte que nous avons été obligés de faire du feu pour sécher leurs vêtements.—Nous sommes repartis à onze heures, mais la marche était horriblement difficile. Lee nous a supplié de l’abandonner. Nous avons rencontré quelques petites grèves et de grandes longueurs de berges élevées.—Traces nombreuses de ptarmigans.

Nous avons continué de suivre la trace de Ninderman et de Noros, et, vers trois heures, étant épuisés, nous nous sommes traînés dans une brèche de la rive, où nous avons allumé du feu avec le bois que nous avons pu trouver.—Alexis est ensuite parti pour chercher du gibier, mais est revenu les mains vides.—Nous n’avons rien pour souper qu’une cuillerée de glycérine. Tout le monde est faible, mais plein de courage. Que Dieu ait pitié de nous!

Mardi, 11 octobre.—(121e jour).—Ouragan du sud-ouest, accompagné de neige.—Nous sommes incapables d’aller plus loin. Alexis ne trouve plus de gibier et nous n’avons, pour toute nourriture, qu’une cuillerée de glycérine et de l’eau chaude. Plus de bois autour de notre campement.

Mercredi, 12 octobre.—(122e jour).—Nous avons pris, à déjeuner, notre dernière cuillerée de glycérine avec de l’eau chaude.—Pour dîner, nous aurons une couple de poignées d’écorce de saule arctique que nous ferons infuser dans un pot d’eau.—Chacun devient de plus en plus faible.—C’est à peine si nous avons assez de force pour aller chercher du bois.—L’ouragan du sud-ouest et la neige continuent.

Jeudi, 13 octobre.—(123e jour).—Thé de saule.—Vents violents du sud-ouest.—Pas de nouvelles de Ninderman. Nous sommes dans la main de Dieu; s’il ne vient à notre secours, nous sommes perdus; nous ne pouvons plus marcher contre le vent, et, rester ici, c’est mourir de faim.

Dans l’après-midi, nous avons fait un mille en avant pendant lequel nous avons eu à traverser une autre rivière ou un coude de la grande.—Après l’avoir traversée nous nous sommes aperçus que Lee avait disparu. Nous nous sommes réfugiés dans un trou de la berge, et j’ai envoyé à la recherche de Lee.—Il s’était laissé tomber sur la neige, et attendait la mort.—Nous avons récité tous ensemble le Pater et le Credo.—Après souper, l’ouragan redouble de violence.—Nuit horrible.

Vendredi, 14 octobre.—(124e jour).—A déjeuner, une infusion de saule, à dîner, la moitié d’une cuiller à thé d’huile douce et infusion de saule.

Alexis a tué un ptarmigan dont nous avons fait de la soupe.

Le vent du sud-ouest s’apaise.