Ainsi demeura le roi de France à Calais, du mois de juillet jusques en la fin du mois d'octobre. Quand ces choses furent si approchées que le paiement fut tout pourvu, si comme ci-dessus est dit, et venus à Saint-Omer ceux qui devoient entrer en hostagerie pour le roi de France, le roi d'Angleterre, informé de toutes ces choses, repassa la mer à grand quantité de seigneurs et de barons et vint de rechef à Calais. Là eut grands parlemens de l'une partie et de l'autre, du conseil des deux rois, qui par l'ordonnance de la paix s'appeloient frères. Là furent de rechef lues, avisées et bien examinées les lettres de la paix, à savoir si rien y avoit à mettre ni à ôter, ni nul article à corriger. Et tous les jours donnoient les deux rois à dîner l'un à l'autre et leurs enfans, si grandement et si étoffément que merveilles seroit à penser; et étoient en reviaulx et récréations ensemble si ordonnément, que grand plaisance prenoient toutes gens au regarder; et laissoient les deux rois leurs gens et leur conseil convenir du surplus.
Chroniques de Froissart.
NOTES:
[1] Bernard de Saisset, évêque de Pamiers.
[2] Offensantes.
[3] Jaçoit que ou jasois que, quoique.
[4] Ni.—Sé, pour si; finé, pour fini.
[5] C'est-à-dire: Sachant et comprenant que c'était le fait d'un grand cœur de souffrir des injures, quand on était tout-puissant; et que surtout il était glorieux à un prince de ne laisser blesser nul autre que lui-même. (Note de M. Paulin Pâris.)
[6] Pareillement, en même temps, ensemble.