ÉTYMOLOGIES

Calcul vient du mot latin signifiant caillou, parce qu'on comptait jadis avec des cailloux, d'où le titre l'Arénaire d'un ouvrage d'Archimède. Au xiie siècle, l'indien Bhâscara a fait un livre, le Bijaganitam, sur le comptage à l'aide des graines.

Au xvie siècle, nous nous servions de jetons: «Enseigne l'arithmétique et calcul, tant au jet qu'à la plume.» Au début de la comédie de Molière, c'est à l'aide de jetons que le malade imaginaire additionne le compte de son apothicaire. Madame de Sévigné écrit à sa fille qu'elle vient de faire le compte de sa fortune «avec les jetons de l'abbé (de Coulanges), qui sont si justes et si bons.»

Le mot calcul a conservé son sens étymologique, lorsqu'il s'agit des petites pierres qui se forment dans la vessie. (Maladie de la pierre.)

Les étymologies de calcul, arithmétique et géométrie, sont claires, mais algèbre viendrait de l'arabe Al-jèbr, raccorder un membre, rétablir le tout d'après ses parties? En espagnol, algébriste signifie chirurgien.

TRIGONOMÉTRIE DRAMATIQUE

Lisez le roman de Jules Verne intitulé: Histoire de trois Russes et de quatre Anglais. Il est question des angles adjacents à la base du 8e triangle, du 103e logarithme de la table de Volaston, d'un calculateur menacé par les crocodiles, de deux registres volés par des singes, etc., etc. «Trianguler ou mourir», voilà la devise de ces fiers opérateurs.

Les aventures réelles de Delambre et Méchain, puis de Biot et Arago sont autrement émouvantes. (Voyez La mesure du mètre, un petit livre de W. de Fonvielle.)