[579] Ces vers n'ont été imprimés qu'en tête de la tragédie d'Œdipe, publiée en 1659; mais ils paraissent antérieurs. Le poëte demande au surintendant de lui désigner les noms qu'il veut immortaliser, et ce fut alors que Fouquet lui proposa trois sujets de tragédie.

[580] On voit également, par un passage des poésies de la Fontaine, que nous citerons au chapitre suivant, que c'était dans la bibliothèque de Saint-Mandé qu'il attendait une audience de Fouquet, et que cette bibliothèque était remplie de curiosités réunies à grands frais de toutes les parties du monde.

[581] L'Œdipe de Corneille eut, en effet, un succès qui ne s'est pas soutenu. Voici ce qu'en dit Loret dans sa lettre du 25 janvier 1659:

Monsieur de Corneille l'ainé
Depuis peu de temps a donné
A ceux de l'hôtel de Bourgogne
Son dernier ouvrage, ou besogne.
Ouvrage grand et signalé,
Qui l'Oedipe est intitulé;
Ouvrage, dis-je, dramatique,
Mais si tendre et si pathétique.
Que, sans se sentir émouvoir,
On ne peut l'entendre ou le voir.
Jamais pièce de cette sorte
N'eut l'élocution si forte:
Jamais, dit-on, dans l'univers,
On n'entendit de si beaux vers.
Je n'y fus point, mais on m'a dit
Qu'incessamment on entendit
Exalter cette tragédie,
Si merveilleuse et si hardie,
Et que les gens d'entendement
Lui donnoient, par un jugement
Fort sincère et fort équitable,
Le beau titre d'inimitable.

[582] Corneille répète les mêmes choses, presque dans les mêmes termes, dans son Examen d'Œdipe.

[583] Sertorius parut en 1662 et Othon en 1664. Il est curieux de voir à quel point la haine altéra dans la suite les actes les plus honorables de Fouquet et chercha à s'en faire des armes contre lui. L'abbé d'Aubignac accuse le surintendant d'avoir prodigué les trésors de l'État pour ramener Corneille aux «jeux de la scène, et celui-ci de n'avoir répondu à de si folles prodigalités que par un ouvrage composé uniquement pour diminuer «les tendresses et le respect que nous devons à nos rois.»

[584] Fontenelle indique dans la Vie de Corneille deux des sujets proposés par le surintendant (Œdipe et Camma); mais il ne cite pas le troisième.

[585] Je dois les indications sur les relations de Thomas Corneille avec Fouquet à un de mes amis, M. Delzons, professeur de l'Université, qui joint à un goût délicat une connaissance approfondie de la poésie du dix-septième siècle.

[586] Voy. l'Étude sur Pellisson, par M. Marcou, 1 vol. in-8 (Paris. 1859, chez Didier et Durand).

[587] Voy. sur ces personnes les Historiettes de Tallemant des Réaux, et la Société franç. au dix-septième siècle, par M. Cousin, t. II, p. 244 et suiv.