Despautere dit huy interjection estre monosyllabe & baille pour tesmoing feretus en quoy luy et son tesmoing c'est abusé : car on ne treuve point au latin uy dipthongue : pareillement u aprés h ne perd point vertu de consonante parquoy il est necessairement dyssillabe.
¶ Comment v/ perd aulcuneffoys vertu de voielle & consonante.
¶ Or affin que ne jugeons mal dipthongue pour non dipthongue nous noterons icy que u aprés g/ q/ &/ s/ suyvant quelque voielle en la mesme syllabe perd nom de voielle & de consonante & despautere l'appelle lors liquide. Car il ne se profere point (dit il) comme voielle & n'est point totalement supprimé ains est pronuncé comme en son languissant laquelle chose nous cognoissons signamment aprés g suyvante/ & i/ comme en distinguer languir car si u. estoit du tout supprimé on profereroit distinger/ langir. Et ainsi perdre vertu de consonante est une lettre ne pouoir avoir sonorité ou pleine resonance avec la voielle de elle mesme si devant ladicte lettre ne procede quelque aultre consone qui soit en la mesme syllabe/ car sy nous rejectons g/ de distinguer ou languir. il sera impossible de proferer leurs dernieres sillabes.
¶ Et si v. estoit consonante on profereroit lang vir disting ver ou g. ne tiendroit point de la derniere sillabe v. donques n'est poin en ce consonante attendu qu'il ne consone point & qu'il n'a point plein son avec la voielle neantmoins ne perd point non de lettre comme nous monstrerons cy aprés.
¶ Selon la prolation observee des Franchois u. aprés lesdictes consonantes/ suyvant a/ &/ o/ voielles en la mesme sillabe a le son mort car nous proferons aqua distinguo comme sy on escripvoit aqa distingo sans u : neantmoins selon la prolation italienne ou germanicque on oit u. avoir son de voielle et semblablement suyvant e/ & i/ v/ perd telle force au latin aprés g/ q/ et s/ seullement : mais en nostre langue aprés toutes consonantes moyennant que en la mesme syllabe suyve quelque voielle comme buire/ cuire/ conduit/ fuir/ distinguer/ juillet luire/ nuison/ nuisant/ puis/ quelle/ bruit/ poursuit/ truaulx vualon auquel v : premier est consonante comme i/ en juillet. Aprés x/ et z/ vous le trouverez en aulcuns noms de regions et termes forains.
¶ Et combien que u en ce semble avoir comme sonorité de voielle sy esse qu'il ne resone non plus aprés lesdictes consonantes que aprés s.
¶ Or puis qu'il est ainsi que aprés perd vertu vocale & de consone : il s'ensuyt necessairement (attendu qu'il ne change point de sonorité ains retient pareille resonance comme fuir suir & ainsy des aultres) que la debvons juger perdre telle vertu dessoubz les lettres predictes : mais je suys icy plus long qu'il ne appartient a matiere isagogique.
¶ Oultreplus v perd aulcuneffoys telle vertu aprés h : comme en huytiesme aulcuneffoys que non comme en huile laquelle est impossible de discerner a la prolation : veu que la sonorité n'en change point : mais de ce parlerons cy aprés.
¶ De i : et u. consonante.
¶ Il ne seroit point besoing descripre ce que les enfans ne ignorent c'est que i : et : u. sus toutes voielles faisans les premieres lettres de la syllabe sont consonantes comme juste adjuteur vertu/ converser : Mais maistre pierre Fabry treuve sus v en (vulgaire) dipthongue en quoy il n'est pas digne d'estre reprins.