Paris. Vous me faictes venir en mesmoire un vers poetique que j'ay autrefois ouy reciter ou leu quelque part:
Normanos fugias, ne fraudis labe graveris:
Ipsos si socias, certe tu decipieris;
Hos vitare stude, nam sunt de germine Jude.
Tr. Tr. la. fla. Normanos dicitur esse.
Pontoise. Ce n'est sans cause qu'ils sont hays, car ils ont faict tant de maux qu'on en feroit une pleine Bible de leur tyrannie.
Sebastien Munster, en sa Cosmographie, recite qu'eux partant du païs Dace, d'où ils ont prins leur origine, pour venir au pays où ils sont de present, allèrent par la grande mer oceanne, ravissant tout, comme pirastes et escumeurs de mer; abordant à Nantes, en Bretagne, entrèrent en la grande eglise, et là, tuèrent l'evesque dudict lieu, lequel celebroit la saincte messe, ainsi que recitent Sigebertus et le Theatre de la vie humaine, liv. 14. Ils mirent le feu en l'abbaye des Jumiéges, où estoient plus de neuf cents religieux, lequel lieu demeura desert et inhabitable environ l'espace de trente ans, ainsi que recite maistre Robert Guaguin et maistre Nicolle Gilles, historiographes françois. Ils ont d'abondant quelquefois bruslé les abbayes de Sainct-Germain-des-Prez et Saincte-Geneviève, lesquelles, pour lors, estoyent hors la ville, tellement que les religieux desdictes abbayes ne recepvoyent jamais pour estre religieux aucuns qui se disent de Normandie[47].
Paris. Je le crois bien, et si je l'ay veu et ouy par experience, et qui plus est, quand ils chantent la litanie, ils disent: A furore Normanorum libera nos, Domine.—Adieu vous dis, Seigneur.
Pontoise. Adieu, Sire; Dieu vous conduise, et ne m'appelez plus Normand.
FIN.
Discours prodigieux et espouvantable de trois Espaignols et une Espagnolle, magiciens et sorciers, qui se faisoient porter par les diables de ville en ville, avec leurs declarations d'avoir fait mourir plusieurs personnes et bestail par leurs sorcilléges, et aussi d'avoir fait plusieurs degats aux biens de la terre.