Il est bien vray qu'en contre-eschange
Ces deux ne se suivent tousjours:
Car tous les mois la lune change;
La femme change tous les jours.

La lune pleine enfle les sources
Et les moësles des os creux;
La femme desenfle nos bourses
Et vuide nos os moësleux.

La lune est fidèle et n'estime
Qu'Endimion, son bel amant;
Mais la femme n'est qu'un abisme
Qui n'a point d'assouvissement.

Donc la lune, en tout peu constante,
Est constante en fidelité;
Mais la femme, en tout inconstante,
Est constante en desloyauté.

Bref, ce qui plante plus de bornes
Et qui les fait plus differer,
C'est que la lune porte cornes,
Et les femmes les font porter.

Le Tocsin des filles d'amour.

A Paris, chez Joseph Bouïllerot, ruë de la Calandre, près le Palais.