[481]: Cette pièce est très curieuse en ce qu'elle est, avec un siècle tout entier de priorité, complétement semblable à ces calottes ou brevets de folie et de sottise que Aymon, et après lui M. de Torsac, envoyoient à tout personnage de leur temps qui s'étoit rendu digne, par actions, paroles ou écrits, d'être incorporé dans le régiment de la calotte. Ces brevets étaient en vers, et c'est une de leurs différences avec cette pièce. Gacon les a rimés pour la plupart. On en a fait un recueil considérable et fort difficile à compléter. V. les premières livraisons du Journal de l'Amateur de livres, le Magasin pittoresque, t. 9, p. 289-290, et les Mémoires de Maurepas, t. 3, p. 18-90.
[482]: C'est-à-dire melons d'Angers, Andardois dérivant du mot Andes, ancien nom des Angevins. Les melons de l'Anjou étoient célèbres au moyen âge, à une époque où cette province eût mérité de partager le titre de jardin de la France, donné à la Touraine à cause des progrès qu'y avoit faits l'horticulture. V. Théâtre d'agriculture, in-4, t. 1, p. 151.—De tout temps on avoit pris le mot melon dans le sens burlesque qui lui est donné ici. Thersite, se moquant des Grecs, les appelle ρερώνες, melons (Iliade, chant 2, vers 235), et Tertullien reproche à Marcion d'avoir un melon à la place du cœur, puponem loco cordis habere. Notre expression avoir un cœur de citrouille vient de là.
[483]: Non seulement les ivrognes se faisoient un aiguillon de vin avec ces langues salées et fumées, mais aussi avec de longues tranches de bœuf salé «nommé communément brésil», qu'on apprêtoit à la vinaigrette. V. un passage du De re cibaria de Symphorien Champier, cité par Legrand d'Aussy, Vie privée des François, chap. 2, sect. 1re, et Théâtre d'agriculture, t. 2, p. 624.
[484]: C'est ainsi qu'on appeloit la morue au XVIe siècle. «C'estoient moulues au beurre frais», dit Rabelais, liv. 4, chap. 32. Le Martinet de la 65e nouvelle de Des Perriers prononce aussi de cette manière: «Depuis, dit la Monnoye, commentant ce passage, on a dit molue, et enfin morue, qui est aujourd'hui le mot d'usage.»
[485]: Long poisson de mer dont la chair est très mauvaise à manger, et le même qui passoit alors pour produire l'encre nommée sépia. V. Lemery, Traité des alimens, p. 411.
[486]: Momons, sorte de mascarade qui, par son nom, est un souvenir évident du dieu Momus. Quelquefois c'étoit une idole burlesque ou obscène, comme dans le Balet des andouilles porté (sic) en guise de momon, 1628, in-8.
[487]: Gros chenet de fer. Le vrai mot est andier; mais, ainsi qu'il arrive souvent, l'article se fondit avec le mot, et l'on dit landier, de même que des deux mots li hardit, le hardit (monnoie valant trois deniers), on a fait le seul mot liard, et de l'hierre on a fait lierre.
[488]: Mot qui s'emploie encore à Orléans pour une sorte de marmite à anse et sans pieds. Casserole n'en est que le diminutif.