[59]: Cette pièce n'est autre chose que la satire 1re de l'Espadon satirique, par le sieur d'Esternod (Cologne, 1680, in-12, p. 4 et suiv.) C'est une contrefaçon flagrante qui donne pleine raison à ce passage des Caquets de l'accouchée (voyez notre édition, p. 115): «J'ay veu, dit la femme du conseiller, un Discours du Courtisan à la mode, imprimé il n'y a pas long-temps, lequel n'estoit autre chose qu'un extraict ou transcrit de l'Espadon satirique mot pour mot, ce qui ne se devroit tolerer.» Je croirois volontiers que ce Discours du Courtisan à la mode, dont il nous a été impossible de découvrir un exemplaire, reproduit aussi la satire 1re, qui se trouveroit avoir eu ainsi deux contrefaçons pour une. Je ne vois, du moins, aucune autre pièce parmi celles de l'Espadon qui pût s'accommoder aussi bien du titre inventé par le contrefacteur. Le Tableau des ambitieux, donné ici, est mis sur le compte de maistre Guillaume, le fou de cour (V. Caquets de l'accouchée, p. 263, note); c'étoit assez l'usage quand on ne vouloit pas endosser un mauvais écrit ou, comme ici, une mauvaise action. Tout l'office du bouffon étoit de vendre sur le Pont-Neuf la pièce dont on le faisoit responsable (V. Journal de l'Estoille, édit. du Panth. litt., t. 2, p. 405). Quelquefois on mit sous son nom des choses excellentes. La XIVe satire de Regnier, par exemple, parut d'abord avec ce titre: Satire de maître Guillaume contre ceux qui déclamoient contre le gouvernement. (Recueil A-Z, Q, 207.) Je ne sais si dans ce cas il y eut fraude, mais ici elle est évidente, par le soin même qu'on a pris pour la cacher. Afin de donner à la pièce l'apparence d'une chose nouvelle et tromper au moins le premier coup-d'œil du lecteur, on l'a tronquée au commencement et à la fin. Les quatre premiers vers et les quatre derniers de la satire de d'Esternod ont été enlevés. Voici les premiers:
De tant de cavaliers qui vont avec des bottes
A faute de soliers, et non faute de crottes;
De tant qui vont de pied à faute de chevaux,
Cavaliers, postillons, non faute d'animaux.
[60]: Arborer.
[61]: Faisant le braguard, le beau, le pimpant.
[62]: Ou ça mon, sorte d'interjection familière très employée chez les gens du commun au XVIe et surtout au XVIIe siècle. V. Montaigne, liv. 2, chap. 27; Molière, le Bourgeois gentilhomme, act. 3, sc. 3; et Francion, 1663, in-12, p. 55.
[63]: C'est une expression qui commençoit à avoir cours, mais à laquelle on donnoit toujours un sens méprisant. Regnier l'emploie ainsi au vers 237 de la satire V.
[64]: Joyeuse étoit l'épée de Charlemagne, d'après les romans de chevalerie; Durandal, celle de Roland; Haute-Claire, celle d'Olivier; Flamberge, celle de Renaud de Montauban.
[65]: Pour risdale, monnaie d'argent allemande.
[66]: C'est-à-dire leurs sonnettes, tintinnabula, comme l'âne de la fable de Phèdre.
[67]: Armoriés.