[182]: Louis de Champlais, qui devint marquis par suite de l'érection de la baronnie de Courcelles en marquisat (1667). Son fils devint le mari de cette fameuse marquise de Courcelles dont M. P. Pougin a publié avec tant de soin les Mémoires dans la Bibliothèque elzevirienne.
[183]: On trouve la première mention de cette rue en 1540, selon La Tynna, en 1543, selon M. Berty (Rev. archéolog., octobre 1855, p. 391). La Tynna veut qu'elle doive son nom aux marais qui l'infectaient, et M. Berty, au contraire, lui donne pour parrain un certain Nicolas Marets, «qui, en 1529, possédoit une pièce de terre d'un arpent et demi et quinze perches, s'étendant le long du chemin creux, entre le petit Pré-aux-Clercs et la Seine.» L'opinion de La Tynna est la meilleure. Elle se trouve confirmée par ce passage du mémoire de du Boullay, p. 68: «Le costé de la rivière, y est-il dit, n'etoit pas haut comme il l'est à present, et ainsi beaucoup plus sujet aux inondations, pour si peu que la rivière fut grosse; et, parce que l'on y portoit et deschargeoit la plupart des gravois et immondices de la ville, il s'y faisoit des bourbiers et des marecages qui ne se dessechoient que dans les grandes chaleurs, et c'est assurement de là que la rue des Marais porte le nom qu'elle porte.»
[184]: Ce Martin, et non pas Mathurin Fretté, eut une grande part, en 1559, aux premières mesures prises contre les Huguenots, en raison même de la position de sa maison, qui le faisoit le voisin d'un grand nombre d'entre eux: car ils affluoient, comme on sait, dans le Faubourg-Saint-Germain, et surtout dans cette rue des Marais, «que nous autres, dit d'Aubigné, appelons le Petit-Genève». (Le baron de Fœneste, liv. 3, chap. 13.)—Fretté étoit donc en lieu commode pour les bien épier, et sa qualité de clerc au greffe criminel de la cour du parlement ne répugnoit pas à cet emploi. Regnier de la Planche (Hist. de l'estat de France, etc., in-8, t. 1, p. 51) le donne même pour «caut et rusé en ces matières, s'il en fut oncques. Aussi, dit-il, estoit-il dressé de la main du feu president Lizet, en sorte que, quand on ne pouvoit tirer tesmoignage et confession suffisante des accusez de ce crime (de religion), on mettoit ce fin Freté aux cachots avec eux, lequel savoit si bien contrefaire l'Evangeliste que le plus subtil avisé tomboit dans ses filets.» Ce qu'on cherchoit surtout, c'étoit à surprendre quelques uns des Huguenots «mangeant de la chair aux jours defendus». On savoit qu'en cette même rue des Marais un nommé Le Visconte, dont nous n'avons pu retrouver la maison, «retiroit coustumierement pour cela les allans et venans de la religion». Ses voisins, et Fretté tout le premier, l'avoient dénoncé. C'est donc chez les accusateurs, et nommément chez notre clerc du greffe, qu'on résolut «de dresser des embûches un jour de vendredy..... Freté, dit Regnier de la Planche, alleché de la depouille de ses voisins pour les avoir de longtemps remarquez, retire chez soy quarante ou cinquante sergentz en sa part, qui estoyent entrés à la file. Et sur les onze heures estans arrivés Thomas Bragelonne, surnommé le Camus, conseiller au Chatelet..., avec deux ou trois commissaires des plus envenimez contre cette doctrine, la maison du Viconte fut incontinent environnée et rudement assaillie.» La lutte fut longue; «Bragelonne et ses commissaires furent en grand danger d'estre tuez.» Si bien que ceux qu'on vouloit prendre «eurent loisir de se sauver, et les autres de la religion des maisons prochaines eurent aussi temps de se retirer, quittant leurs maisons à la merci des juges et sergens, qui y trouvèrent richesses d'or et d'argent monnoyé, principalement chez ce Viconte, où ses hostes avoient laissé leur argent en garde.» La Planche cite parmi ceux de cette rue qui avoient aussi quitté la place un gentilhomme nommé La Fredonnière.
[185]: Cette petite portion de terre cédée par Le Clerc à Baujouen étoit une de celles sur lesquelles on n'avoit pas construit, «à cause, dit du Boullay, p. 260, que l'on apprehendoit les desordres et insultes des escoliers.» Les mêmes craintes étoient préjudiciables aux maisons bâties. «Et ceux mesmes, dit encore du Boullay, qui y avoient des maisons ne trouvoient pas bien souvent à qui les louer, et ainsi l'Université ne pouvoit estre payée de ces cens et rentes.»
[186]: Françoise Marguerite Joncoux, fille du gentilhomme auvergnat qui vient d'être nommé, et de qui elle tenoit la maison de la rue des Marais désignée ici, s'est distinguée parmi les écrivains jansénistes. C'est elle qui a traduit les notes de Wendrock (Nicole) sur les Provinciales. Elle étoit née en 1668, et mourut le 27 septembre 1715.
[187]: Il avoit pour fille Mlle Marie de Louvencourt, qui eut une sorte de réputation poétique vers 1680. On trouve de ses vers dans la Nouvelle Pandore de M. de Vertron et dans les Entretiens de morale de Mlle de Scudéry.
[188]: «La reine Marguerite, duchesse de Valois..., traitta avec l'Université, en l'an 1606, pour 6 arpens de terre sciz au petit Pré, à la charge de 12 deniers parisis de cens et de 10 livres de rente foncière pour chaque arpent, lods et ventes, saisines et amendes, le cas avenant, qu'elle reconnoist, par le contract du 31 juillet au dit an, appartenir à la dite l'université en plein fief, à cause des dons et liberalitez des roys de France; lequel contract fut homologué par arrest du 5 septembre 1609....» (Du Boullay, p. 341.)
[189]: Une première donation aux Augustins déchaussés avoit eu lieu en 1608, par suite d'un vœu fait par la reine, «à l'imitation du patriarche Jacob», lequel consistoit en deux points: «le premier, de donner à Dieu la dîme de tout son bien; le second, d'édifier un autel..., lequel sera appelé l'autel Jacob, qui sera composé d'une grande eglise pour celebrer le divin service de l'office ordinaire qu'on a accoustumé dire et chanter...» L'église, qui n'étoit d'abord qu'une chapelle ronde, fut construite. V. Suppl. à du Breul, p. 72, et le Plan de Mérian. Le nom de la rue voisine garda le souvenir du vœu singulier fait par la reine au patriarche Jacob. Les pères Mathieu et François Amyot reçurent cette magnifique donation au nom de l'ordre des Augustins déchaussés. La reine avoit fait préalablement accorder par le roi au père Amyot un brevet lui permettant «de recevoir et occuper tous biens,... et bastir convents de son ordre en tous lieux et endroits de son royaume.» (L'Estoile, 16 juin 1607, édit. Michaud, t. 2, p. 429.)—Par malheur, les Augustins déchaussés ne satisfirent pas la reine, qui vouloit des «religieux qui chantassent à nottes». Elle les congédia en 1612, pour prendre des moines chantant mieux. Ce furent les Augustins réformés, ou Petits-Augustins. Les Augustins deschaux, ou Petits-Pères, s'en allèrent au faubourg Montmartre, où ils consacrèrent, sur un terrain dépendant de la Grange-Batelière, une église à Notre-Dame-des-Victoires. (Suppl. à du Breul, ibid.).
[190]: Le 15 avril 1614, l'Université avoit déjà obtenu du roi des lettres de rescision annulant le contrat qu'elle avoit fait avec la reine Marguerite. Elle s'étoit fondée, dans cette demande d'annulation, sur ce que les 6 arpents concédés à la reine «pour employer à son plaisir et contentement particulier, et pour le seul usage d'icelle dame et de son hostel», avoient été détournés de cette destination à ce point que «mesme ont esté faits des baux à personnes particulières, lesquelles maintenant y batissent». (Du Boulay, p. 300.)
[191]: Cet égout, construit suivant les conditions imposées ici, passoit sous une partie des jardins de des Yveteaux, dont il sera parlé tout à l'heure. V. Félibien, Preuves, t. 2, p. 136.—Il étoit d'autant plus nécessaire de le voûter que la peste, dont ces cloaques étaient un foyer permanent, avoit dernièrement sévi dans ces quartiers. L'Estoille dit, sous la date du 6 septembre 1606: «La peste est au logis de la reine Marguerite, dont deux ou trois de ses officiers meurent, et entr'autres un miserablement dans une pauvre mazure, près les Frati ignoranti, la fait retirer à Issy, au logis de la Haye, se voiant, à raison de cette maladie, abandonnée de ses officiers et gentilshommes.»