[343]: Bien que ce pasquil ait été publié dans le Recueil des pièces les plus curieuses qui ont été faites pendant le règne du connétable de Luynes (Paris, 1628, in-12, p. 65), auquel les Jeux de la Cour (V. plus haut) ont déjà été empruntés, nous n'hésitons pas à le reproduire. Il est rare, le Recueil qui l'a donné n'est pas des plus communs, et nous espérons d'ailleurs ajouter à l'intérêt de la pièce par les notes dont nous l'accompagnerons. En 1628, quand on la réimprima, l'on n'avoit pas besoin de commentaires pour expliquer que tout ce qui s'y trouve sur les hommes et les choses de ce temps n'étoit réellement que contre-vérités, comme le dit le titre; c'était chose connue de tout le monde. Aujourd'hui le commentaire est aussi indispensable qu'il étoit inutile alors; nous avons donc tâché de le faire complet autant que possible. Cette nécessité d'éclaircir par des notes une foule de pièces dont on n'a jusqu'ici publié que le texte simplement et sèchement sera notre excuse chaque fois que, pour enrichir notre recueil, nous croirons bon de nous prendre à des réimpressions anciennes, comme celles-ci, ou même toutes récentes. C'est le système suivi par M. Anatole de Montaiglon pour ses Anciennes poésies françoises; c'est le bon.—Ces contre-vérités étoient un genre de plaisanterie satirique, naturellement de mise pour toutes les époques; il ne falloit que le trouver une fois, l'application en venoit ensuite d'elle-même. Nous n'avons donc pas été surpris de rencontrer parmi les mazarinades une pièce complétement calquée sur celle-ci, ayant le même titre, les mêmes tours, souvent les mêmes rimes, enfin identiquement semblable, si ce n'est bien entendu pour les personnages, qui ont dû y faire place à d'autres, aussi en évidence pendant la fronde que ceux rappelés ici l'avoient été en 1620. Cette pièce, dont M. Moreau n'a eu garde d'oublier le titre et d'ignorer l'origine, porte le no 788 dans sa Bibliographie des mazarinades (t. 1, p. 234): Les contrevéritez de la cour. Quis vetat ridendo dicere verum? Paris, 1652, in-4.
[344]: C'est l'époque où les poursuites dirigées contre lui pour le crime d'impiété et d'athéisme commençoient à être le plus actives.
[345]: On sait que les échoppes des écrivains publics étoient nombreuses autour du charnier des Innocents.
[346]: L'un des hommes les plus vénérables de ce temps-là. Il mourut en 1621, peu après avoir été fait garde des sceaux. V. notre t. 2, p. 133, note.
[347]: Nous ne savons quel est ce Vautray. Il faut peut-être lire Vautier, ce qui, en faisant disparoître l'hiatus, nous donneroit le nom d'un homme qui jouoit un certain rôle alors. Il étoit médecin de la reine mère et se mêloit d'intrigues de cour. Il y gagna d'être mis à la Bastille, lors de la disgrâce de Marie de Médicis (Mémoires de Richelieu, collect. Petitot, t. 26, p. 448, 466).
[348]: Marais étoit le bouffon de Louis XIII. Dreux du Radier, qui a fait l'Histoire des fous en titre d'office, ignoroit même son nom. Tallemant (édit. in-12, t. 63, p. 3) est le seul qui en ait parlé.
[349]: François Annibal d'Estrées, marquis de Cœuvres, frère de Gabrielle, qui étoit alors ambassadeur à Rome. V. sur lui notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 149, note.
[350]: Les démêlés de Ferdinand II, élu empereur en 1619, avec l'électeur Palatin Frédéric V, à qui les Etats de Bohême s'étoient cru le droit de conférer le même titre, furent cause, on le sait, de la guerre de Trente-Ans.
[351]: Le duc de Montbazon étoit un assez pauvre homme. On pouvoit sans invraisemblance lui faire endosser toutes les naïvetés du sieur de Gaulard. Quoiqu'il sût aussi peu de latin qu'on le donne à entendre ici, monsieur son père, dans un portrait qui les représentoit tous deux, lui montroit le ciel du doigt et lui disoit:—Disce puer virtutem. «Or, ce puer, écrit Tallemant, avoit la plus grosse barbe que j'aie connue; il paroissoit richement quarante-cinq ans.» (Édit. in-12, t. 4, p. 136.) Bautru, dans l'Onosandre, Cabinet Satirique, p. 558, par une double allusion à la naïveté de M. de Montbazon et à la situation de son hôtel, qui étoit rue de Béthizy, et le même qu'on vient de démolir récemment, l'appelle Prince de Béthizy. V. le Borboniana dans les Mémoires de Bruys, t. 2, p. 312.
[352]: Secrétaire d'Etat et secrétaire des commandements de Marie de Médicis, il fut l'un des hommes les plus sérieux de cette époque et l'un de ceux qui par conséquent se mêlèrent le moins aux intrigues. On a de lui des Mémoires très intéressants, rédigés avec conscience et modestie.