[403]: «Le jeudi, 6 de juin, dit L'Estoille, le roi de Navarre a surpris le fort de Louviers près de Rouen. Claude de Saintes, évêque d'Evreux, qui s'y étoit réfugié, a esté pris comme il vouloit se sauver. Le roy l'a mis entre les mains du parlement de Caen, pour avoir fait quelques écrits où il prétend justifier le parricide commis sur Henri III et prouver qu'il est permis d'en faire de même sur le roy de Navarre.» (Journal de L'Estoille, édit. Michaud, t. 2, p. 57.)—P. Fayet, dans son Journal historique, place la prise de Louviers sous la date du vendredi 7 juin; il ajoute que cette ville «n'avoit encore esté prise des guerres civiles», et que le roi y fit «grand butin de pillaige et rançons». (Journal historique de P. Fayet, publié par M. Victor Luzarche, Tours, 1852, in-12, p. 103.)
[404]: Il se mit en mouvement au commencement de l'année suivante, et, quoi que pût faire le roi à la journée d'Aumale, où il fut assez gravement blessé, il parvint à délivrer Rouen et à prendre Caudebec.
[405]: On sait qu'il commandoit pour la ligue en Bretagne.
[406]: Le roi, dans la crainte qu'il ne pût tenir suffisamment tête à M. de Mercœur, le remplaça par le maréchal d'Aumont et lui donna en échange le gouvernement de Normandie, que la mort de son père, le duc de Montpensier, venoit de laisser vacant.
[407]: Il avoit déjà tenté deux ans auparavant contre Genève l'inutile entreprise qui se trouve racontée dans l'une des pièces de notre t. 1er, p. 149. En décembre 1602, par une nuit très sombre, il hasarda une nouvelle attaque, restée fameuse sous le nom de l'escalade. Une partie de ses gens avoit déjà franchi les murs, et sans nul doute la ville eût été à lui, si une servante qui étoit sortie à la recherche d'une sage-femme pour sa maîtresse, prête d'accoucher, ne se fût effrayée de voir les rues pleines de gens armés et n'eût tout à coup donné l'alarme. L'enfant qui naquit de cet accouchement sauveur pour Genève étoit une fille qui devint l'une des femmes les plus charmantes du XVIIe siècle: c'est Mme d'Hervart, la protectrice de Lafontaine, l'amie de Saint-Evremond. Ce dernier, dans l'épître qu'il lui adressa, rappelle ainsi la singularité providentielle de cette naissance:
Ce ne fut point par un hazard
Que Genève fut conservée;
L'etoile de madame Hervart
De l'escalade l'a sauvée.
(Œuvres de Saint Evremond, Londres, 1706, t. 5, p. 298.)
[408]: Peu de jours après le combat d'Arques, Henri IV avoit ainsi reçu d'Elisabeth 20,000 livres en or pour la solde de ses troupes.
[409]: Les Turcs étoient la grande ressource d'Elisabeth pour les princes qu'elle vouloit secourir. En même temps qu'elle prioit le sultan de venir en aide aux protestants de France et au roi de Navarre leur chef, elle lui demandoit une flotte pour le très catholique don Antonio, que Philippe II avoit dépouillé du trône de Portugal. V. Hammer, Histoire de l'Empire ottoman, t. 7, p. 193.
[410]: Jérusalem.