Si bien pensant[327] il s'adonne à l'estude,
Il pincera (sans rire) l'argent et l'or;
Tu garderas la clef de son thresor,
Prenant repos sans grand'sollicitude.

S'il est soldat et amy de la guerre,
Par son respect on te respectera.
A son retour, brave, il t'apportera
Quelque joyau venant d'estrange terre.

Si quelquefois le rheume le tourmente,
Tel humeur vient ses poulmons arrouser,
Ce rheume peut à la mort s'opposer,
Coupant chemin à une fièvre ardente.

S'il est vexé d'une morne[328] paresse,
Il s'en ira de bonne heure coucher:
Tu ne craindras qu'il te vienne empescher
Le doux effect d'une libre promesse.

Si, impudent, sans mesure il se prise,
Entrant partout comme un audacieux,
Laisse-luy faire, il n'en vaudra que mieux:
A telles gens fortune favorise.

Si, affronteur, il vante sa richesse,
Il te fera tousjours brave marcher;
Quand il s'ira par contrainte cacher,
Tu demeureras du bien d'autruy maistresse.

Si à mal faire hardy il se dispose,
N'estant jamais d'aucun bien desireux,
Pense qu'il n'est homme si malheureux
Qui, employé, ne serve à quelque chose.

Fin.

Quatrains[329].

J'ai attendu, pour avoir mieux,
A m'enrichir sur mes ans vieux;
Par Juppiter, moy, mes enfans,
Vous pouvez voir fort triumphans.