Comme il est appelé dans la Lettre au cardinal burlesque, à cause de l'heureux coup de main qui avoit permis à la ville de se ravitailler. V. l'une des notes précédentes.

[32]: L'histoire de ce chapelier devenu soldat fut alors très célèbre. Elle courut d'abord en chansons, comme nous le ferons voir. C'est le siége de Montauban, en 1621, qu'on y donnoit pour théâtre aux prouesses de ce soldat malgré lui. Ici il est question du grand siége de La Rochelle, qui eut lieu en 1628, comme on sait; notre pièce ne vint donc qu'après les chansons.

[33]: C'est à peu près ce que dit la chanson du Jeune chapelier de la rue Saint Denis qui s'en va au siége de Montlhéry:

Quand fut à Montlhery,
Sur ces hautes montagnes,
Voyant derrière luy
Toutes ces grand's campagnes,
Fit trois pas en arrière:
Ah! que le monde est grand.

Une gravure du temps, représentant un joueur de vielle suivi d'un enfant qui joue du flageolet, porte ce couplet pour légende. M. Rathery, qui le cite dans un article sur la Bibliographie des mazarinades (Athenæum, 13 février 1853), remarque avec justesse que La Fontaine a bien pu s'inspirer du dernier vers pour l'exclamation de son rat voyageur dans sa fable le Rat et l'Huitre (liv. VIII, fable 9):

Que le monde, dit-il, est grand et spacieux!

Ce couplet, du reste, se trouve presque entier dans une chanson satirique contre le Prince de Savoie, qui dut être faite à cette même époque, et qui est encore assez populaire aujourd'hui pour que Dumersan ait cru devoir la mettre dans son volume de Rondes enfantines. Une chanson (coraula) du canton de Fribourg, qui semble n'être qu'une traduction de nos couplets contre le duc de Savoie, reproduit aussi la même plaisanterie:

Noustrhou prinschou de Schavouye
Lié mardjuga on boun infan
Y l'ia leva oun' armée
Dé quatrouvans paijans,
O vertuchou, gare, gare, gare!
O rantanplan, garda devant
..........
Quand nous fum sur la montagne,
Grand Dieu! qué lou monde est grand!
Fajin vito oune détzerde
Et pu retornin nojan!

Cette chanson est citée par M. G. Brunet dans sa curieuse brochure: Notice sur Gilion de Trasignyes. Paris, Techener, 1839, in-8, p. 32-33.

[34]: Dans une autre chanson sur ce sujet, qui n'est même qu'une sorte de variante de celle-ci, et dont nous avons trouvé des fragments dans la Comédie des chansons, 1640, in-12, p. 35, acte 1, scène 7, le chapelier, sous le nom de Jodelet, fait une résistance pareille, et n'en est pas mieux récompensé: