[76]: Les refus de signer le formulaire furent très nombreux. Quatre évêques, ayant à leur tête Henri Arnaud, qui occupoit le siége d'Angers, refusèrent tout d'abord de s'y soumettre. Les dissidences, suivies de troubles graves, durèrent jusqu'à ce qu'en 1668 Clément IX eut tout apaisé par un accord qui s'appela Paix de l'église.

[77]: Allusion au vaste projet de révolte qu'avoit conçu Fouquet, dont le plan détaillé fut trouvé dans ses papiers, et qui, selon M. P. Clément, à qui l'on doit la publication de cette curieuse pièce, fut, malgré les dénégations du surintendant, la véritable cause de sa condamnation. V. le travail de M. Clément sur Fouquet (le Correspondant, 25 avril 1845, p. 257 et suiv.) V. aussi la lettre de Mme de Sévigné du 4 décembre 1664.

[78]: Le chancelier, président de la chambre de justice devant laquelle avoit été renvoyé Fouquet.

[79]: Il n'eut point en effet à prendre part au procès.

[80]: L'un des vingt-deux juges du surintendant, vota pour le bannissement.

[81]: C'est Boucherat, alors maître des requêtes et depuis chancelier. Il étoit de la commission chargée de la poursuite du procès. C'est lui qui avoit été chargé de mettre les scellés chez le surintendant. Mme de Sévigné se moque du chancelier, qui tous les jours se faisoit faire la leçon par Boucherat.

[82]: Conseiller de la Grand'Chambre, l'un des plus favorables d'entre les vingt-deux juges. C'est lui qui fut surtout frappé de l'aisance et du sang-froid de Fouquet. «Notre cher et malheureux ami, écrit Mme de Sévigné (2 décembre 1664), a parlé deux heures ce matin, mais si admirablement que plusieurs n'ont pu s'empêcher de l'admirer. M. Renard a dit entre autres: Il faut avouer que cet homme est incomparable; il n'a jamais si bien parlé dans le Parlement. Il se possède mieux qu'il n'a jamais fait.»

[83]: Conseiller au Parlement et l'un des vingt-deux juges. Il vota pour le bannissement pur et simple, et repoussa avec vigueur l'idée du dernier supplice, auquel quelques uns vouloient condamner Fouquet. Son intimité avec les auteurs, qui presque tous étoient les protégés et, chose rare, les fidèles défenseurs du surintendant, fut peut-être pour quelque chose dans son indulgence. Il étoit surtout au mieux avec Racine, à qui, selon les Mémoires du fils, il apprit les termes de palais nécessaires pour sa comédie des Plaideurs.

[84]: Henri Pussort, conseiller d'Etat, oncle maternel de Colbert, et qui, bien que récusé tout d'abord par Fouquet, fut l'un de ses juges les plus acharnés. Quand vint son tour de donner son avis, il parla quatre heures «avec tant de véhémence, tant de chaleur, tant d'emportement, tant de rage, dit Mme de Sévigné, que plusieurs juges en furent scandalisés, et l'on croit que cette furie peut faire plus de bien que de mal à notre ami.» Pussort vota pour la mort. Dans l'espèce de complainte qui fut faite sur ce procès, avec un couplet flatteur ou satirique pour chacun des vingt-deux juges, suivant qu'il avoit été indulgent ou sévère, voici le lardon qui lui échut:

Monsieur Pussort
Harangua fort;
Mais par malheur il prit l'essor,
Et sa sotte harangue
Fit bien voir au barreau
Qu'il a beaucoup de langue
Et fort peu de cerveau.