Le Parlement a le dessus,
Il faut qu'on luy donne des palmes;
Ses ennemis n'en peuvent plus.
Le Parlement a le dessus,
Et, malgré le temps si confus,
Toutes choses vont estre calmes.
Le Parlement a le dessus,
Il faut qu'on luy donne des palmes.

Le roy sera bien-tost icy:
Que chacun en saute de joye;
Ne nous mettons plus en soucy,
Le roy sera bien-tost icy;
Il va revenir, Dieu mercy,
C'est le ciel qui nous le renvoye;
Le roy sera bien-tost icy,
Que chacun en saute de joye[25].

Monsieur le prince de Conty[26],
Avec son zèle et sa prudence,
A bien soustenu son party,
Monsieur le prince de Conty;
L'univers doit estre adverty
Qu'il a sauvé la pauvre France,
Monsieur le prince de Conty,
Avec son zèle et sa prudence.

Il le faut louer hautement,
Ce vaillant duc de Longueville;
Bourgeois, Messieurs du Parlement,
Il le faut louer hautement:
Il a travaillé puissamment
Au bien de la cause civile;
Il le faut louer hautement,
Ce vaillant duc de Longueville.

Ce genereux duc de Beaufort
Sera bien avant dans l'histoire;
Dieu l'a tiré d'un cruel fort,
Ce genereux duc de Beaufort,
Pour servir icy de renfort
Et pour relever nostre gloire;
Ce genereux duc de Beaufort
Sera bien avant dans l'histoire.

Monsieur d'Elbeuf et ses enfans[27]
Ont fait tous quatre des merveilles.
Qu'ils sont pompeux et triomphans,
Monsieur d'Elbeuf et ses enfans!
On dira jusqu'à deux mille ans,
Comme des choses nompareilles:
Monsieur d'Elbeuf et ses enfans
Ont fait tous quatre des merveilles[28].

Admirons monsieur de Bouillon:
C'est un Mars, quoy qu'il ait la goutte;
Son conseil s'est trouvé fort bon.
Admirons monsieur de Bouillon:
Il est plus sage qu'un Caton,
On fait bien alors qu'on l'écoute.
Admirons monsieur de Bouillon:
C'est un Mars, quoy qu'il ait la goute[29].

Cet invincible marechal
Qu'on a tenu dans Pierre Ancise,
Après qu'il fut franc de ce mal,
Cet invincible marechal,
Il presta son bras martial
Pour mettre Paris en franchise,
Cet invincible marechal,
Qu'on a tenu dans Pierre Ancise[30].

Je ne puis taire ce grand cœur[31],
Que tout Paris vante et caresse:
C'est ce marquis tousjours vainqueur.
Je ne puis taire ce grand cœur:
C'est le capitaine sans peur,
Qui travaille et combat sans cesse;
Je ne puis taire ce grand cœur,
Que tout Paris vante et caresse.

Qu'on prepare de beaux lauriers,
Pour leur en faire des couronnes
A tous nos illustres guerriers;
Qu'on prepare de beaux lauriers,
Puis qu'en ces mouvemens derniers
Ils ont signalé leurs personnes;
Qu'on prepare de beaux lauriers,
Pour leur en faire des couronnes.