R. C'est de s'elever au-dessus des autres.
D. Comment?
R. En paroissant au dehors homme de bien, devot, sincère, obligeant, doux comme un agneau, quoiqu'il soit au dedans un loup ravissant, ingrat, fourbe, indevot, mechant, en un mot un très grand hypocrite, et un sepulchre blanchi[243].
D. Comment?
R. C'est en imposant de faux crimes à ceux qui occupent les charges, etant amis, auxquelles ils aspirent, faisant de fausses attestations, certificats et autres pièces d'ecritures qu'ils font signer par de faux temoins pour faire entendre que ce qu'ils disent est veritable.
D. Comment connoissez-vous cela?
R. Je le connois en ce qu'il a beaucoup d'amour pour sa personne et ses propres interêts, et point du tout pour son prochain.
Les bonnes œuvres du Normand.
D. Si le Normand n'a point de charité pour son prochain, il ne fait donc aucune bonne œuvre à l'egard de son prochain?
R. Aucunes, à la verité; mais toutes mechantes, conformement aux dix commandemens qu'il a appris de ses ancêtres.