[318]: Longtemps ce fut le blanc dont on se placardoit la figure qui s'appela fard. V. Notice des manuscrits, t. 5, p. 163. L'usage universel du rouge au 18e siècle, où la poudre dont on se couvroit la tête rendoit le blanc impossible pour le visage, a seul fait donner au mot fard le sens que nous lui donnons. Regnier (sat. 9, v. 8) parle aussi de la céruse dont on se fardoit. Cette mode de teinture faciale étoit venue d'Italie, comme tous les vices et les ridicules du même temps. V., dans un livret très rare publié vers 1500, Bazelletta del preclarissimo poeta Faustino de Rimine, un sonnet moral sur la manie de se farder (Catal. Libri, p. 238, no 1481).
[319]: Var.:
Nouveaux imposts.
[320]: Ce fragment très curieux, qui contient sur l'un des plus intéressants épisodes de la fin de la vie du cardinal de Richelieu des détails fort circonstanciés, n'a été publié que dans le no 5 de la Revue trimestrielle, p. 200-202. Il est à peu près inconnu, presque inédit, car le numéro dans lequel il a été inséré est le plus rare de cette publication, que Buchon dirigeoit, et qui a été interrompue par la révolution de juillet. Nous ne savons quel est le J. de Banne dont le journal manuscrit contenoit cette anecdote.
[321]: Richelieu tenoit Cinq-Mars et de Thou. Louis XIII, avant de s'en retourner à Paris, malade et presque mourant lui-même, les lui avoit livrés en passant par Tarascon. Il lui avoit aussi laissé «le pouvoir d'agir, durant son absence, avec la même autorité que sa propre personne.» (Mém. de Monglat, coll. Petitot, 2e série, t. 49, p. 380.) Le cardinal se hâtoit d'en profiter, et il entraînoit ses deux captifs vers Lyon, où le chancelier, muni des preuves de leurs intelligences avec l'Espagne, préparoit déjà leur procès. Rien n'avoit pu arrêter l'implacable ministre. Le mal qui le dévoroit, et dont une des pièces précédentes vous a dit le détail, ne fut pas un obstacle pour lui. «Ne pouvant souffrir ni litière ni carrosse, dit Monglat, ibid., p. 390, il vouloit remonter le Rhône jusqu'à Lyon, ce que personne n'avoit jamais entrepris, à cause de la rapidité du fleuve. Il ne laissa pas de s'y embarquer, et avoit si peur que les prisonniers ne se sauvassent qu'il fit attacher le bateau où ils étoient au sien, et les mena en triomphe jusqu'à Lyon, pour être sacrifiés à sa vengeance. Il ne faisoit que deux lieues par jour, tant l'eau étoit rapide.»
[322]: Cinq-Mars étoit avec lui, et c'est par oubli que J. de Banne ne le nomme pas ici. Puisqu'il est question de de Thou, à qui l'on a voulu faire dans tout ceci un rôle beaucoup trop intéressant, il est bon, je crois, de renvoyer à une lettre qui lui fut écrite peu de temps avant la découverte du complot par Alexandre de Campion, qu'il avoit voulu y entraîner. Par cette lettre, qui le pose en véritable recruteur de conjurés, sa part de complicité semble fort bien définie: «Il est certain, dit M. Moreau dans une note, que de Thou avoit fait un peu plus que de garder le secret de son ami.» (Mémoires de H. de Campion, édit. elzev., p. 379.) Pour un autre fait très curieux de cette conspiration, V. Mém. de d'Argenson, coll. elzevir., t. 1, p. 71-72.
[323]: Viviers, sur le Rhône, autrefois capitale de la province de Vivarais, qui lui doit son nom, aujourd'hui simple chef-lieu de canton du département de l'Ardèche.
[324]: Ce n'étoit là que la moindre de ses maladies. Monglat en parle plus en détail: «Le cardinal, dit-il, étoit fort malade d'un abcès qui lui etoit venu au bras..., aussi bien qu'au fondement, où il avoit un ulcère.»
[325]: Monglat dit qu'il y avoit douze personnes pour le porter (ibid., p. 391); Pontis en compte seize (coll. Petitot, 2e série, t. 32, p. 342). Tallemant va jusqu'à vingt-quatre, mais qui se relayoient, dit-il (édit. P. Pâris, t. 2, p. 70-71).
[326]: «M. des Noyers, l'un de ses plus fidèles serviteurs, faisant pour ainsi dire le maréchal-des-logis, alloit devant et avoit soin de faire faire une ouverture à l'endroit des fenêtres de la chambre où il devoit reposer.» (Mém. de Pontis, p. 342.)