[22]: Tout ce long paragraphe ne concernant en rien l'amiral, on lit seulement dans sa réponse: «Cest article appartient particulierement au dit Poltrot, et pourtant on s'en rapporte à luy, louant Dieu cependant, de tous juste jugement.»—Les Mémoires de Tavannes (coll. Petitot, 1re série, t. 24, p. 293) confirment ce que Poltrot raconte ici: «Luy, pensant se sauver et croyant avoir faict vingt lieues, n'avoit fait que tourner, fut pris proche le quartier des Suisses, caché dans une grange.» Lottin (Recherches, t. 1, p. 448) se guidant sur une relation manuscrite, dont, selon son habitude, il ne donne pas l'indication précise, dit aussi en parlant de Polirot: «Après avoir erré toute la nuit, il se seroit refugié dans une petite maison voisine, où il aurait été pris par un secretaire du duc de Guise, qui estoit à sa recherche.»

[23]: L'amiral nie de nouveau, tant pour lui que pour M. de La Rochefoucauld.

[24]: L'amiral trouve en ceci une insinuation perfide; il y reconnoît «l'artifice de ses ennemis, taschant par tous moyens à le separer, et toute ceste armée, d'avec M. le prince de Condé, lieutenant general pour le roy en icelle.»

[25]: Ici, nouvelles dénégations de l'amiral, au nom de MM. de Soubize et Dandelot.

[26]: Pour répondre à cette allégation mauvaise, l'amiral proteste de sa fidélité à la reine et la prend elle-même à témoin, «avec les services qu'il a faits par ci-devant».

[27]: «Le dit seigneur admiral respond à cest article comme du precedent.»

[28]: «Le dit seigneur admiral ne sait ce que le dit Poltrot a peu voir à Blois, et n'en doit aussi respondre.»

[29]: L'amiral ne s'oppose point à ce que demande ici Poltrot. «Il veut bien qu'on le laisse pourmener par le camp, avec bonne et seure garde.»

[30]: Coligny retrouve là encore la mauvaise pensée des gens qui veulent le perdre; «mais, dit-il, ils devoyent plutôt enquerir de ces choses par quelques autres de son conseil que par ledit Poltrot.» Ils auroient su alors «qu'il aimeroit mieux mourir que de vouloir penser à faire entreprise contraire au devoir d'un vray et loyal sujet et serviteur de Sa Majesté.»

[31]: «Si, dit la Response, le dit Poltrot, ou pour crainte de la mort, ou par autre subornation, a persisté en ses confessions fausses et controuvées, à plus forte raison le dit seigneur admiral et ceux qui par icelles sont chargez avec luy persistent en leurs responses, qui contiennent la pure et simple vérité.» L'amiral demande ensuite qu'on le confronte avec Poltrot. Il a récusé le Parlement et autres juges qui se sont manifestement déclarés ses ennemis «en ces presents tumultes»; mais qu'on attende la paix, que Poltrot, jusque là sûrement gardé «en lieu où il ne puisse être intimidé ni suborné», soit mis alors en présence de l'amiral, par ce moyen le tout pourra être «verifié et vuidé par des juges non suspects». Si, au contraire, on procède aussitôt au jugement et à l'exécution de Poltrot, enlevant ainsi à l'amiral «et à tous autres le vray moyen de se justifier des susdites fausses accusations, ils protestent de leur integrité, innocence et bonne reputation contre les dessusdits juges et contre tous ceux qu'il appartiendra.» Ainsi se termine cette Response. Puis on lit: «Faict à Caen, en Normandie, ce douziesme de mars, l'an mil cinq cent soixante et deux. Ainsi signé: Chastillon, La Rochefoucaut, Th. de Bèze.» On ne tint pas compte de la demande faite ici par l'amiral, et dont Brantôme a aussi parlé; l'on passa outre au jugement et à l'exécution de Poltrot. Coligny se plaignit de cette hâte, d'autant plus qu'il avoit appris que, dans un second interrogatoire qu'on n'avoit pas rendu public, l'accusé avoit démenti ce qu'il avoit dit dans le premier. «Il se vérifiera, écrit l'amiral dans sa Plus ample declaration, par le tesmoignage de plusieurs gens de bien et dignes de foy, qu'estant le dit Poltrot en la conciergerie de Paris, il leur a dit qu'il avoit entièrement deschargé le dit seigneur admiral devant les juges, et a faict le semblable à l'ouye d'une infinité de personnes, lorsqu'on le menoit au supplice.» Brantôme atteste aussi que, pour le fait de l'amiral, Poltrot varioit et tergiversoit fort. D'ailleurs, comme le remarque Coligny, qu'étoit-il nécessaire qu'on le poussât au crime? N'y étoit-il pas assez porté de lui-même? Ne lui avoit-on pas entendu dire maintes fois ouvertement que M. de Guise «ne mourroit jamais que de sa main», et ne savoit-on pas qu'une fois le coup fait, et le bruit en étant parvenu en Poitou, deux parentes qu'il y avoit «dirent incontinent et d'elles-mêmes qu'elles craignoyent que ce fut le dit Poltrot, veu la resolution qu'elles sçavoient qu'il avoit de longtemps prise de ce faire?» On trouve encore, dans cette dernière declaration de l'amiral, cette particularité curieuse: «Le dit Poltrot estant parent proche de La Regnauldie, comme l'on dit, il pouvoit bien estre assez incité de sa propre devotion à faire ce qu'il a faict.» Nous savions par Brantôme (édit. du Panthéon littéraire, t. 1, p. 435) que Poltrot avoit eu pour conseiller M. d'Aubeterre, l'un des conjurés d'Amboise, mais nous ignorions qu'il fût parent du chef de ce grand complot.