Voilà, amy lecteur, ce que pour le present j'ay tracé pour un petit racourcissement sur ma toille le portrait de l'un des plus parfaits courtisans à la mode, lequel pour un peu de temps s'est absenté de la Cour au subject que ses amours n'alloient selon sa volonté, et pour en faire paroistre les vifs ressentimens, je te feray part de ce qu'il a faict sur son depart.


La retraicte du courtisan à la mode.

Que j'ayme l'air des champs! j'y voy en mille endroicts,
Et tout premier object, la nature en son estre;
Je voy d'un franc desir ceste trouppe champestre
Reverer la justice et honorer les roys.

Les petits bergerots, d'une contente voix
En chantant, le matin meinent leur troupeau paistre;
Leur père seul leur sert et d'escolle et de maistre,
Pour suivre mesme trace et vivre en mesme loix.

Heureuses bonnes gens, ainsi loing de nos villes,
Loing de l'ambition, loing des murs inutiles,
Loing des traicts de la Cour, pleins de fidelité.

C'est un theatre ouvert pour jouer les misères.
Chacun tourne le voille au cours des vents prospères,
Et jamais nul n'accorde à la felicité.


Stances
Sur l'adieu d'un courtisan de ce temps à sa maistresse.

Je cherche le plus sombre au fond de ces forests
Pour pleurer mon absence, et contre mes regrets:
Car je ne puis chasser de ma triste pensée
La fortune, bon heur de mon aise passée.