Il prendra Fontarabie,
Zeste,
Comme il a pris Dôle.

Ce refrain, souvent cité dans les écrits du temps, étoit encore célèbre quand Richelet fit son Dictionnaire. Il le prit pour en faire un exemple au mot zeste. Là-dessus on bâtit un conte. On prétendit que celui contre qui avoit été faite la chanson, lisant ce dictionnaire, moins grammatical que satirique, étoit tout joyeux de voir que, plus heureux qu'une foule d'autres, il n'y étoit attaqué dans aucun article. Le dernier le fit bien déchanter: c'étoit le mot zeste avec son fameux exemple. Il n'avoit pas perdu pour attendre. Je ne vois qu'un malheur pour l'anecdote, c'est qu'il s'en faut de plus de trente ans qu'elle soit possible. Le prince de Condé, pour qui seul le refrain faisoit épigramme, mourut en 1646, et le dictionnaire de Richelet ne parut qu'en 1680. Cela n'empêchera pas que les ana de l'avenir répéteront l'anecdote, comme l'ont répétée tous ceux du passé.

[19]: V., pour la maladie du cardinal, une pièce de notre tome VII, p. 231.

[20]: Après cette bataille, gagnée le 20 mai 1635, sur le prince Thomas, par les maréchaux de Brezé et de Châtillon, l'armée feignit de se porter sur Bruxelles, ce qui fit que le cardinal-infant y concentra ses forces en toute hâte, dégarnissant ainsi Louvain, seule place où tendoient sérieusement les entreprises de nos troupes. Ce plan, habilement conçu, manqua par la faute du prince d'Orange, qui, jaloux du cardinal, et ne voulant pas contribuer à lui gagner ce nouveau succès, fit lever le siége de Louvain après dix jours d'attaque.

[21]: Le P. Joseph.

[22]: François Sublet de Noyers, surintendant des bâtiments.

[23]: Pierre Séguier, chancelier de France depuis 1635.

[24]: Claude Bouthillier, surintendant des finances, et Léon Bouthillier de Chavigny.

[25]: Le P. Joseph, de concert avec la duchesse d'Orléans, avoit établi la réforme dans le monastère de Fontevrauld.

[26]: Le P. Joseph avoit institué l'ordre des Filles du Saint-Sacrement, dites Filles du Calvaire. Le couvent que ces religieuses occupoient au Marais avoit été fondé par lui. (V. Piganiol de La Force, Description de Paris, t. IV, p. 377-378.) La rue qui met en communication la rue Saint-Louis et le boulevard rappelle ce couvent, dont elle porte le nom. L'église voisine, Saint-Denis-du-Saint-Sacrement, en est aussi un souvenir.