Chez un avoué, mademoiselle!... Je veux apprendre à M. Paul qu’entre lui et nous il n’y a plus rien de commun. Un procès, un bon procès me fera justice des impertinentes prétentions de ce jeune homme. Ah! ce monsieur voudrait dépouiller le père et séduire la fille!...

TOINON.

Mon père!...

BABOLIN, sévèrement.

Taisez-vous, mademoiselle!... Jusqu’à ce jour, j’avais pu croire que le jeune homme ne serait pas assez présomptueux pour lutter avec moi, et qu’il me céderait de bonne grâce cette maison, que je tiens de l’amitié de Michonnet...

TOINON, pleurant.

Mais, mon papa, si M. Michonnet a laissé sa maison à tout le monde, ce n’est pas la faute de M. Paul...

BABOLIN.

Vous êtes une sotte!... M. Paul aimerait à hériter... rien de mieux! c’est un goût fort répandu que celui des héritages... Qu’il fasse valoir ses droits... quant aux miens, ils sont constatés en bonne et due forme, et je vais, aujourd’hui même, déposer entre les mains d’un avoué le testament qui les consacre. Il faut que dès demain le procès soit entamé!... La clef du secrétaire, mademoiselle, donnez-la-moi!... (Toinon lui donne la clef en pleurant.) Et pas d’enfantillage!... Séchons ces larmes et habillons-nous. (Il sort.)

SCÈNE VII.