«N. B.—Par égard pour ces anciens chefs de notre gouvernement, on les a pendus à des potences toutes neuves, avec des cordes qui n’avaient jamais servi.»
M. le Coq écouta cette lecture sans sourciller. Il se contenta de croiser ses bras derrière son dos, comme il en avait l’habitude, et parut décidé à ne pas plus bouger que s’il n’avait rien à voir dans ce qui se passait.
«Mais, dit le Singe en prenant une voix caressante que je ne lui connaissais pas, Monseigneur assure que nous sommes pendus, je crois que Monseigneur se trompe.
—Est-ce que vous songeriez à nous pendre? s’écria le Perroquet en sanglotant.
—Mon Dieu non, dit le Renard, c’est un précédent que je ne tiens point à établir; mais il faut pourtant que vous ayez l’air d’avoir été pendus.»
On entendait au dehors les cris de la populace. Une foule innombrable, composée en grande partie de badauds, de badaudes et de petits enfants qui demandaient la tête des tyrans, assiégeait l’entrée du cabinet de rédaction. Tous ceux qui n’avaient pu entrer par la porte voulaient entrer par les fenêtres, qu’on fut même obligé de fermer.
«C’est nous qui avons fait la révolution, disaient-ils; ouvrez-nous.
—Patience! leur répondait de temps en temps le Renard; patience! si vous êtes sages, on vous donnera de petites médailles.»
Ne rien refuser, mais ne rien donner, c’est avec cela qu’on gouverne.