—Tais-toi! oses-tu bien en ma présence prononcer de semblables paroles!
—Non, fis-je, non, tu ne monteras pas les marches du trône!»
Je m’élançai sur lui et, profitant d’un moment où il détournait la tête, je lui plongeai mon aiguillon dans le cœur.
A peine eut-il rendu le dernier soupir que je fondis en larmes, j’étais au désespoir.
Je rentrai dans la ruche. Tout y était en désordre, le peuple tout entier semblait en proie à la plus vive agitation; on se poussait, on se heurtait...
«Que se passe-t-il donc? dis-je à la première Abeille que je rencontrai.
—Il se passe, il se passe que l’un de ces messieurs a disparu.
—Et comment le sait-on?» J’étais tremblante.
«A l’appel de ce soir, il n’y avait que cinq cent quatre-vingt-dix-neuf Faux-Bourdons présents. La Reine a eu une attaque de nerfs, on se perd en conjectures.
—Ah! c’est une horrible aventure!» Et je me perdis dans la foule.