—Qui, tout le monde? s'enquit Monique.

—Votre grand ami Vignabos, M. Blanchet, et les Muroy, que vous connaissez.

Le nez de Régis s'allongea. Il hésita s'il ne ferait pas demi-tour. Mais déjà elles traversaient le salon, centre de la demeure, et dont les portes-fenêtres ouvraient en vis-à-vis sur le jardin d'entrée, et, derrière, sur le bois. Il suivit. Monique, un moment, s'arrêta:

—Comme j'aime cette pièce!

—C'est bien simple, dit Mme Ambrat.

—Justement!

C'était reposant, cette atmosphère intime, avec les anciens meubles provinciaux, luisants de la patine que donne, de génération en génération, l'entretien familial. Monique appréciait particulièrement une vaste armoire aux sobres moulures qui venait des grands-parents tourangeaux de M. Ambrat. Vestige de la maison ancestrale.

Régis en palpa le bois velouté, en passant, et pensa: «Tu peux t'aligner! Ça fiche un coup au style Lerbier!» Comme si elle eût deviné sa pensée, elle déclarait justement:

—Voilà ce qui manque aux plus beaux meubles modernes. Ce que le temps seul apporte. Un fondu, à la dureté des angles,—l'enrichissement de la vie.

Il allait répondre: «La vie! comme c'est malin… Oui, bien sûr! En attendant cent cinquante ans, la nôtre aussi s'arrangera!…» quand,—accourant de la tonnelle où, à leur vue, on se levait,—une fillette vint se jeter dans les bras de Monique.