—Je ne voudrai jamais. Des conférences ou des articles, tant qu'il faudra… Mais discourir au Palais Bourbon!… Savez-vous à quoi ça me fait penser, Ambrat? A vos moulins à vent, sur les coteaux de la Loire. Leurs ailes s'agitent…
—Et tournent à vide?
—Voilà.
—Et qui refera les lois, demanda le notaire, si ce ne sont les législateurs?
Blanchet ébaucha un geste vague:
—Il viendra bien, et plus tôt peut-être que nous ne pensons, un temps où on se lassera des Moulins à Paroles. Le monde, autour de nous, évolue. Sous peine de suicide, nous ne pouvons échapper à la loi. L'heure des actes sonnera.
—La révolution? dit M. Muroy, sans entrain. Il faut, pour la réussir, plus qu'un état-major et des troupes. Il faut des cadres. Où sont-ils? Sans le Tiers, pas de 89!
—La bourgeoisie de 1922 ignore ou méconnaît la C. G. T. comme noblesse et clergé faisaient du Tiers. Confiance au Peuple!
—Bien dit, Blanchet! appuya M. Vignabos.
Mais le notaire s'inquiétait: