—Attrape, tante! Si tu ne m'avais pas habituée à dire la vérité!
—Pardon! ta mère a raison. Même pour la vérité, il y a la manière.
Mme Lerbier renchérit:
—Surtout pour la vérité. D'abord qu'est-ce que c'est que ça, la vérité?
—Ce que je crois vrai, trancha Monique.
—Et voilà! Elle a le monopole!… Qu'en dis-tu, la maîtresse d'école?
Tante Sylvestre approuva sa sœur.
—C'est qu'aussi, concéda Monique, moins comme excuse que comme explication, ce milieu me dégoûte! Heureusement que Lucien ne ressemble pas plus à ces pantins, que moi à ces poupées.
Elle quêta, d'un regard, l'approbation de sa tante.
—Il faut que tu saches cependant, dit Mme Lerbier décidée à avoir le dernier mot, qu'avec tes façons de parler et d'agir au gré de tes seules inspirations, tu passes pour une toquée. Au fond, tu es un garçon manqué! Regarde tes amies, Ginette ou Michelle. Voilà de vraies jeunes filles. Michelle surtout!