LE TRÉPORT.—EU.—LA PÊCHE CÔTIÈRE
Nous abordons une succession de plages charmantes, voisines de campagnes, dont la muraille élevée et grisâtre des falaises ne laisse pas deviner les surprises merveilleuses.
A quelques instants de marche, on trouve, après le bain salutaire, le plaisir de promenades dont il est presque impossible de se lasser, car les aspects changeants du sol, sa verdure luxuriante, les cours d'eau qui le fertilisent composent un tout bien fait pour reposer l'âme et les yeux.
Chaque année, les plages reçoivent un nombre plus considérable de baigneurs; malheureusement, toutes sont menacées par les galets qu'apporte, en quantités énormes, un courant dirigé du sud-ouest au nord-est. Une étude attentive de la côte a prouvé que ce courant ronge, chaque année, les falaises sur une étendue d'environ trente-trois centimètres.
La mer, pourvoyeuse admirable, instrument sublime de civilisation, n'en reste pas moins une ennemie, contre les efforts de laquelle le génie humain doit réagir sans repos.
La Seine-Inférieure n'a pas moins de cinq bons ports sur la Manche, et, dans ce nombre, le Havre, favorisé par une situation exceptionnelle, compte au rang des premiers ports de commerce français. Il y existe, également, beaucoup de petites stations d'échouage. Parmi elles, on trouverait peut-être sans peine la position désirée pour l'établissement d'un second port militaire sur la Manche.
Non que nous soyons admirateur sans réserve d'aucune marine militaire. Combien de forces vives y sont englouties sans profit pour un pays!... Mais, puisque l'ère de la paix universelle est encore reléguée dans le domaine de l'utopie, il faut tout faire pour ne rester en arrière sur aucun terrain....
Comme il ne rentre point dans notre travail d'aborder ces questions, reprenons simplement la route du touriste et parcourons le beau littoral normand.