Depuis cette époque, la ville resta française, mais subit le contrecoup de tous les événements dont la patrie eut à souffrir.
Deux des derniers combats intéressant Dieppe furent, le premier, une victoire complète; le second, une défaite cruelle. En 1690, Tourville battait, au large du port, les flottes réunies d'Angleterre et de Hollande.
Par malheur, quatre années plus tard, ces mêmes flottes, revenues, s'acharnaient à un bombardement si effroyable que, de Dieppe tout entier, il resta seulement trois monuments: le château, l'église Saint-Jacques et l'église Saint-Remy.
Cette catastrophe sembla être le signal de la décadence de la ville. Le développement toujours croissant du Havre porta une atteinte irrémédiable à son commerce. Enfin, les amoncellements de galets, charriés par le courant qui ronge les plages cauchoises, firent délaisser le port; il resta, cependant, le plus profond et le plus sûr des mouillages de la mer de la Manche.
Mais le courage des Dieppois ne s'est pas laissé abattre, tout le possible a été fait, et, malgré les obstacles, ils maintiennent leur bonne renommée de navigateurs et de commerçants. Le cabotage est considérable, les armements sont importants pour la pêche de la morue, du maquereau et du hareng.
Vieux Dieppe.
La pêche côtière est très active, l'envoi du poisson frais à Paris augmente tous les jours.