C'était là un glorieux succès pour l'armateur qui, du reste, se montrait bon Français, et tint à honneur de recevoir splendidement le roi François Ier, quand ce souverain, en 1532, visita Dieppe. Charmé de l'accueil d'Ango, le monarque lui conféra des titres de noblesse et la dignité de gouverneur de la ville.

Cette prospérité merveilleuse devait avoir un terme. Après la mort de François Ier, Ango éprouva d'énormes pertes qui parurent le conduire à une ruine complète. Il n'en fut pas ainsi, néanmoins; mais ces revers frappèrent l'armateur d'un coup terrible. Il ne put supporter l'idée de voir sa puissance décroître avec sa fortune: il mourut de chagrin en 1551.

Dieppe lui devrait bien une statue; car, certainement, il contribua dans une large mesure à rendre fameuse sa ville natale.


Un autre enfant de Dieppe a obtenu cet honneur. Sur la place du Marché, s'élève la statue d'Abraham Duquesne, le vaillant chef d'escadre, l'illustre marin dont la carrière ne compte que des succès.

Né en 1610, Duquesne, fils d'un très habile capitaine, prouva de bonne heure ses talents. Il avait à peine vingt-sept ans, quand il chassa les Espagnols des îles de Lérins (Provence). Chacune de ses campagnes fut marquée par une victoire.

Plus tard on le voit, impatient de l'inaction où Mazarin laissait la flotte française, demander la permission de s'engager au service de la Suède, alors en guerre avec le Danemark. Grâce à lui, les Danois furent vaincus.

Mais des succès plus éclatants allaient le signaler à l'Europe entière et lui mériter la glorieuse épithète de Grand, que l'on ne saurait oublier lorsque l'on prononce le nom de Duquesne.

FAC-SIMILE
du vaisseau que montait l'amiral de Brancas, et qui porta successivement les pavillons de Mgneurs d'Harcourt, de Bordeaux et de Brézé