Pendant quelque temps, la Méditerranée fut purgée de ses écumeurs.
La dernière campagne de Duquesne se termina encore par un triomphe.
La République de Gênes, si puissante sur mer, eut l'imprudence de croire qu'elle pourrait lutter contre le Roi-Soleil. Duquesne la tira de son erreur.
Le doge, coupable d'avoir prêté secours, non seulement aux Espagnols, mais aux Algériens, dut venir humilier sa fierté à la cour de Versailles.
Événement inouï, sans précédent, qui arracha à l'orgueilleux potentat la réponse célèbre, alors qu'on lui demandait l'impression produite sur son imagination par les splendeurs de la cour.
«Je suis surtout étonné de m'y voir!»
L'expédition contre Gênes termina la carrière maritime de Duquesne, carrière marquée, surtout, par des succès, et de laquelle on a pu faire ce digne éloge:
«De nos jours encore, il est plus d'un habile marin qui regarde Duquesne comme le plus grand homme de mer que la France ait eu. Eh! qui, d'ailleurs, serait assez sûr de son jugement pour oser affirmer que le vainqueur de Ruyter, de Ruyter, qui avait vaincu l'élite des amiraux anglais, n'est pas le plus grand homme de mer, non seulement de la France, mais de toutes les nations modernes! Mais ce qu'on peut dire, sans crainte de contradiction, c'est qu'en tenant compte des changements et des progrès qui sont survenus, si le grand Duquesne a son égal dans l'histoire, il n'a point son supérieur[14].»