Comme il arrive que les difficultés d'une côte peuvent nécessiter la construction de phares assez rapprochés, on a remédié aux dangers qui en résulteraient, pour les navigateurs, par les plus ingénieuses combinaisons.
Ainsi, il y a des phares à feu fixe; d'autres sont à éclats visibles pendant un espace de temps déterminé; d'autres sont à feu tournant, variant de couleur.
Un phare, généralement, ressemble à une grande colonne que surmonte l'appareil éclairant connu sous le nom de lanterne.
Le rez-de-chaussée est occupé par les chambres des gardiens et la cuisine. Un escalier en fer monte en spirale jusqu'à la plate-forme. Les moindres détails acquièrent une importance capitale, car de leur bon fonctionnement dépend l'utilité du phare. Et si, par malheur, la négligence du gardien en omettait quelques-uns, des sinistres maritimes irréparables pourraient s'ensuivre.
Entrons, d'abord, dans la chambre dite de quart. Ce nom est essentiellement du domaine de la marine. Il vient de cette circonstance, qu'à bord d'un navire, l'équipage veille, alternativement, de quatre heures en quatre heures chaque nuit.
Les phares de première classe ont, ordinairement, plusieurs gardiens qui se partagent la surveillance de la lampe. La chambre de quart n'a pour tout meuble qu'un fauteuil, une table, une pendule.
Trois boutons de sonnette s'incrustent dans le mur; chacun d'eux correspond à une des chambres du rez-de-chaussée occupées par les autres gardiens. Lorsque le veilleur a terminé son quart, il presse l'un des boutons, et le remplaçant, averti, se hâte de venir prendre son poste.